Cameroun

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Une ordonnance inutile fixant les incitations à l’investissement

Une énième signature électronique du Président de la République a été portée ce 18 juillet 2025 sur un texte fixant les incitations à l’investissement au Cameroun.

Le dernier texte de ce genre datait de 2013 et il était caduc dans un contexte économique extrêmement dynamique. Pire, l’actualité économique en Afrique plaçait le Cameroun parmi les derniers pays attirant les Investissements Directs Étrangers (IDE). Pour financer une économie, les capitaux étrangers sont une des trois principales sources de financement recommandées. Incapable d’attirer les IDE (1) ou de créer localement la richesse (2), le Cameroun a opté sous le Régime Biya pour l’endettement massif (3). Dans l’actualité économique nationale, une signature électronique du Président de la République a été portée sur un budget rectificatif qui consacre l’endettement du pays à gauche pour rembourser les dettes à droite. Un cycle vicieux qui démontre la mise en faillite du pays. Et donc, une des solutions consistait effectivement à s’activer pour attirer massivement les capitaux étrangers. Voilà que le texte signé n’avance en rien dans la résolution de cette équation. En effet, pour faire simple, tout ce qui est nouveau en phase d’exploitation, c’est la réduction de 5% sur les droits de douane et l’attribution d’un crédit fiscal de 25 à 80% en fonction du niveau d’investissement. Franchement, quel investisseur peut courir pour venir produire au Cameroun dans une telle condition ? Lorsque le SDF demande de fermer l’ENAM pour libérer ce pays, beaucoup ne comprennent pas toujours. On sent que ce texte portant la signature du Président de la République a été préparé par des fonctionnaires qui n’ont jamais investi dans leur vie et qui se disent qu’il faut protéger les recettes actuelles de l’État. J’ai déjà expliqué ici qu’il faut passer de l’approche d’élargissement de l’assiette fiscale à la verticale (pression fiscale sur le peu de contribuables restés dans le formel) à une approche horizontale qui intègre les contribuables qui ne sont pas encore dans l’assiette fiscale de l’État. Un croisement des différentes sources montre que l’informel représente entre 80 et 90 % de notre économie. Les fonctionnaires de l’ENAM en poste aujourd’hui continuent de s’acharner sur les 10% qui paient les impôts au Cameroun de nos jours. Or, il faut d’une part, baisser les impôts pour attirer les 90% qui trouvent refuge dans l’informel et d’autre part baisser les impôts pour attirer les investisseurs étrangers qui détiennent de gros capitaux. Quand le SDF annonce que le budget de l’État pourrait doubler, passant de 7000 milliards sous Biya à 14-15000 milliards demain, beaucoup me demandent par quels mécanismes. Nous expliquons cette approche horizontale dans notre programme et ne demandons qu’à mettre en œuvre. Il existe plus de 14000 ingénieurs Camerounais rien qu’en Europe. Comment nos amis autocrates de l’ENAM pensent-ils qu’ils peuvent être intéressés par une réduction de 5% des droits de douane ? Soyons sérieux ! Voici pourquoi le SDF veut changer le Cameroun à partir de Novembre prochain. Le parti ne s’oppose pas à des individus. Il s’oppose à un système autocratique qui a montré ses limites et qui a conduit le pays à la faillite. On voit bien que le système ne propose plus de solutions viables. Et c’est à vous de faire le bon CHOIX le 12 octobre prochain.

Louis Marie Kakdeu

Deuxième Vice-Président National SDF

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