Une préoccupation de l’UNICEF
Classé parmi les dix substances chimiques les plus dangereuses au monde, le plomb menace gravement la santé des enfants. Lors d’un café média à Douala, l’UNICEF, le MINSANTE, le MINEPDED et des experts ont appelé les journalistes à devenir de véritables ambassadeurs de la prévention.
L’UNICEF Cameroun, en partenariat avec le ministère de la Santé publique (MINSANTE) et le ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED), a réuni ce 12 août 2025 à Douala des représentants institutionnels, experts, acteurs de la société civile et journalistes pour un café média consacré à la santé environnementale des enfants, avec un focus sur l’intoxication au plomb. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le plomb fait partie des dix substances chimiques les plus dangereuses pour la santé humaine. Il est responsable de 1% du fardeau mondial des maladies et pourrait être à l’origine de 15 à 20 % des retards mentaux dans les pays en développement. Aucun niveau d’exposition n’est considéré comme sûr. Au Cameroun, une étude portant sur 70 enfants à Yaoundé a révélé que 31,43 % avaient un taux de plombémie supérieur ou égal à 10 mg/dL, et 12,86 % présentaient un retard de développement. De son côté, le Centre de Recherche et d’Éducation pour le Développement (CREPD) estimait en 2019 que plus de cinq millions d’enfants étaient menacés par le plomb dans le pays.
Un poison invisible qui menace la santé et l’avenir des enfants
Les principales sources d’exposition restent multiples : batteries usagées au plomb-acide, peintures au plomb encore présentes dans le bâtiment et l’artisanat, carburants plombés ayant contaminé sols et eaux, déchets électroniques recyclés sans précaution, émissions industrielles, plomberie utilisant des soudures au plomb et production artisanale. Pour le Dr Ngum Bélyse, spécialiste santé à l’UNICEF, le danger vient de son caractère invisible : « On ne le voit pas, on ne le ressent pas, mais il est partout autour de nous. Une fois l’intoxication installée, elle est irréversible. La seule solution, c’est la prévention ».
Le Pr Lemnyuy William, délégué départemental du MINEPDED du Wouri, a présenté les efforts du MINEPDED pour réduire cette pollution, notamment par le renforcement des réglementations, la surveillance des sites à risque et la sensibilisation des industriels aux alternatives sans plomb. Le Dr Ngum Bélyse, a insisté sur l’importance d’une mobilisation à plusieurs niveaux : « Il faut partir des communautés, mobiliser les familles, puis porter le plaidoyer auprès des décideurs afin de renforcer la réglementation ».
La rencontre a également permis de présenter la plateforme AGORA, un outil de formation en ligne destiné aux journalistes. Objectif : leur donner les connaissances et les outils nécessaires pour produire des contenus capables de mobiliser l’opinion publique et d’influencer les politiques publiques. En clôture, l’UNICEF a réaffirmé son engagement à accompagner le Cameroun dans ses efforts de prévention. « Protéger les enfants contre les risques environnementaux comme l’exposition au plomb, c’est garantir leur droit fondamental à grandir en bonne santé, à apprendre et à s’épanouir. Chaque action de prévention aujourd’hui est un investissement dans l’avenir du Cameroun» a rappelé Nadine Perrault, représentante de l’UNICEF au Cameroun.
Ange Kamya









