L’éternel résistant tombé le 13 septembre 1958
Ce 13 septembre, la mémoire collective du Cameroun se tourne une fois encore vers une figure emblématique : Ruben Um Nyobè, nationaliste camerounais, abattu en pleine lutte pour la libération de son peuple.
C’était en 1958, dans les forêts de son village natal, Libelingoï, que la traque s’est achevée. Les forces coloniales françaises, décidées à faire taire la voix montante de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), ont encerclé le maquis. Dans un combat inégal, Um Nyobè, surnommé « Mpodol » celui qui porte la parole fut tué. Mais sa mort, loin de faire taire ses idéaux, les a gravés dans l’histoire. Ruben Um Nyobè n’avait qu’une arme : la parole et la plume. À la tribune des Nations unies comme dans les villages de la Sanaga-Maritime, il plaidait sans relâche pour l’indépendance, pour la dignité de son peuple et pour une émancipation pacifique. Son engagement lui valut d’être qualifié d’ennemi de l’ordre colonial, avant de devenir martyr d’une cause plus grande que lui. Soixante-sept ans plus tard, que reste-t-il de cette date tragique ? Plus qu’un souvenir, elle est une leçon. Um Nyobè incarne la vérité universelle selon laquelle les idées survivent aux balles. En voulant faire taire un homme, on a réveillé une conscience nationale. Chaque 13 septembre, se souvenir de Ruben Um Nyobè, c’est rappeler que l’indépendance du Cameroun ne fut pas un cadeau, mais le fruit d’un combat et d’un sacrifice. Et que dans les tumultes de l’histoire, il demeure une boussole : celle de la justice, de la liberté et de la fidélité aux idéaux.
Chronique du Cameroun










