Maurice kamto exclu
Une absence lourde de conséquences pour l’opposition camerounaise
La présidentielle camerounaise du 12 octobre prochain se déroulera sans la participation directe de Maurice kamto, figure majeure de l’opposition. Sa candidature a été invalidée par Elecam à cause de la double investiture, conséquence d’une erreur stratégique. Après avoir quitté le mouvement pour la renaissance du Cameroun(MRC), kamto avait rejoint le MANIDEM, dirigé par Anicet Ekane, dans le but de contourner le mandat impératif imposé aux parlementaires. Cependant, un autre candidat, Dieudonné Yebga a également déposé sa candidature sous la bannière du MANIDEM, entraînant le rejet automatique des deux dossiers. Cette exclusion constitue un revers politique majeur pour kamto, qui vient par ailleurs de démissionner officiellement du MANIDEM, alimentant les spéculations quant à un retour imminent au MRC, dont il demeure une figure incontournable. Cette évolution intervient alors que l’opposition camerounaise, profondément fragmentée, peine à s’unir face au président Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 40 ans. La désignation d’Issa Tchiroma Bakary comme candidat consensuel de l’opposition annoncée récemment, a été accueillie avec scepticisme. Plusieurs partis majeurs, notamment le Mrc sous la direction de Mamadou Mota et de l’Undp de Bello Bouba Maigari ont rejeté cette initiative, affirmant n’avoir pas été associés au processus et ne reconnaissent pas Issa Tchiroma Bakary comme le porte-voix légitime de l’opposition. Sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, une large partie de la population appelle à une union entre Maurice kamto, Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakary. Ce souhait d’un rassemblement inédit illustre le désir d’une alternance crédible à la gouvernance de son excellence Paul Biya. Si l’exclusion de Maurice kamto fragilise l’opposition, son poids politique reste significatif. La capacité des forces anti pouvoir à surmonter leurs divisions et à former un front uni demeure l’enjeu majeur de cette présidentielle. À moins d’un mois du scrutin, l’avenir politique du Cameroun pourrait dépendre de ce sursaut d’unité tant espéré.
Stivin Temdemnou (journaliste, Glob’Media)








