« Serge Pouth avait choisi de convoler en justes noces avec la culture ».
Quand ce n’était pas les studios de musique qu’ils écumaient pour sentir de plus près les effluves des tendances musicales, les applaudir ou les éventrer, il faisait des choses folles comme « TAMBOURS ». Ce concert radiophonique live sur la FM 105 à Douala, sponsorisé par le PMUC, que les « recrutés » lui contestaient, mais qu’il n’a tenu, que par la personnalité de André Giacomoni, tombé amoureux d’un talent rare, que sa fluette voix sur les ondes, rendait plus original. Recruté sur le tard à la CRTV, après des longues années à essuyer le rejet et l’humiliation, il est nommé entre autres, Chef de Chaîne FM 105. Mais Sergio n’était pas un bureaucrate, un homme de bureau qui rêvait de jouir des privilèges du décret. Un jour, il me fait une confidence qui résume toute sa vie: « Martin, j’ai découvert qu’il y avait un budget pour acheter des livres et des journaux. Ça m’étonne que personne ne l’utilisait avant pour cela ». Il avait donc le boulevard pour rouler à cent à l’heure sur l’autoroute de sa passion. Il achetait les livres, les livres, les journaux… tout ce qui pouvait modifier les frontières de sa culture. Là où d’autres amassent pour les voitures, les villas et les plaisirs de la vie. C’était donc ça, la vie de ce jumeau. Si j’ai aiguisé ma plume en grandissant, c’est aussi parce que lui, m’avait accepté à ses côtés. Sa plume ne connaissait que l’encre satirique aux aurores de son odyssée professionnelle. News behind News, Sucré-Salé-Pimenté et autres programmes phares de la FM 105, ont bâti sa réputation. Cette plume qui dérangeait et qui faisait de la morale et de l’éthique sa couleur d’encre, n’a pas épargné Petit Pays, Papillon et tous ceux qui de son point de vue, s’autorisaient des sorties de piste dans leurs chansons. Il aurait pu comme les autres, faire le fayot, le cupide ou l’aveugle voyant, qui choisit de dire pour plaire. Il aurait laissé des pactoles et mené une vie princière comme ceux qu’on nous vend comme modèles. Il a choisi de vivre pour la culture, dans un détachement avec le matériel, qui frisait l’insouciance. C’était un choix de vie. Il aurait pu partir depuis longtemps. Par le Covid qui l’avait frappé, ou la jambe amputée il y’a peu. Il a survécu à tout cela, pour nous quitter paisiblement et sans faire le pitre. Ce n’était pas un bon journaliste. C’était un excellent homme de culture. Dans des environnements de reconnaissance, tous les artistes et hommes de culture, porteraient son deuil avec fierté. Mais je demande le plus difficile aux gens pour lesquels il a vécu simplement. Il a accepté et connu Jésus-Christ. Et c’est sa plus grande victoire sur cette terre. « Ta ta ta….tambour !»















