L’Union européenne au secours des enfants sinistrés
Une somme d’1,7 milliard FCFA a été débloquée par l’Union européenne pour soutenir les enfants affectés par la crise sociopolitique dans les deux régions anglophones du Cameroun.
Des enfants sinistrés dans le cadre de la crise anglophone qui sévit dans le Nord-ouest et le Sud-ouest du Cameroun depuis 8 ans, ont reçu l’aide de l’Union européenne. Cette assistance vise à leur permettre de ne pas abandonner totalement leurs études. L’annonce a été faite par le Fonds des Nations unies pour l’enfance. Cette enveloppe devrait permettre de soutenir la scolarisation de nombreux enfants affectés par la crise anglophone qui date de 2016 : « l’aide humanitaire est en faveur de l’éducation et des opportunités d’apprentissage pour les enfants vulnérables dans les zones touchées par la crise », a indiqué l’Unicef. L’organisme de l’ONU indique qu’environ « 488 000 enfants ne sont toujours pas scolarisés en raison de la crise actuelle, ce qui les prive de leur droit à l’éducation ». Dans un rapport publié au mois de février dernier, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU notait qu’« au moins 25 incidents violents liés à l’éducation avaient été signalés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en 2023 ». Cependant, une « augmentation de plus de 13 % du nombre d’écoles fonctionnelles a été signalée entre 2022 (46 %) et 2023 (59 %) dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ». Pour autant, « au moins 41 % des écoles ne sont toujours pas fonctionnelles ».
Pour Nadine Perrault, représentante de l’Unicef au Cameroun, « en temps de crise, l’éducation est une bouée de sauvetage pour les enfants. Nous nous efforçons de fournir une éducation ininterrompue à chaque enfant. Nous aidons les enfants à développer des compétences pour faire face au traumatisme de la crise, et nous leur fournissons des espaces d’apprentissage sûrs, adaptés aux enfants et équipés d’eau et d’installations sanitaires ».
Dans ces régions en crise, l’Unicef concentre son action sur l’accès et le maintien dans les établissements d’enseignement, y compris la fourniture de services qui améliorent l’environnement d’apprentissage pour les enfants grâce aux services de protection et à un soutien en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène. Ces interventions aident également les enfants d’âge scolaire qui n’ont pas de certificat de naissance à en acquérir un, garantissant ainsi leurs droits à l’état civil et l’accès à la poursuite de l’enseignement supérieur. « Ce financement supplémentaire de l’aide humanitaire de l’UE nous permettra d’intensifier rapidement notre réponse et d’améliorer l’accès des enfants non scolarisés aux possibilités d’apprentissage », précise la représentante de l’Unicef au Cameroun.
La crise anglophone est véritablement amorcée en 2016 à l’occasion d’une grève d’avocats et d’enseignants s’opposant à la nomination de juges francophones dans les régions anglophones. Les manifestations sont réprimées par le gouvernement camerounais et des violences s’en suivent. Depuis lors, une forte insécurité règne dans les régions anglophones du Cameroun, devenues le théâtre d’affrontements et de violences perpétrées sur les populations civiles par les groupes séparatistes et les forces gouvernementales. Cette crise, qui place de manière macabre les établissements scolaires au centre du conflit, a des conséquences non négligeables sur le droit à l’éducation des enfants.










