Horreur de l’assassinat d’enfants, de femmes et de civils.
Une fois de plus, les Camerounais se sont réveillés, le 14 janvier 2026, face à l’horreur de l’assassinat d’enfants, de femmes et de civils.
Cette fois-ci, c’est Gidado. Avant cela, c’était Ngarbuh, le 14 février 2020. Avant Ngarbuh, il y avait d’innombrables autres villages dont les noms ont brièvement fait l’actualité avant de tomber dans l’oubli. Ce qui relie Ngarbuh à Gidado, ce n’est pas seulement le sang des innocents. C’est l’échec persistant de l’État camerounais à assurer le devoir le plus élémentaire de tout gouvernement : la sécurité de ses citoyens. Des années après le début de la crise anglophone, les civils restent totalement exposés, abandonnés à la violence des acteurs étatiques comme non étatiques.

À Ngarbuh, des enfants ont été tués lors d’une opération militaire. À Gidado, des femmes et des enfants ont été massacrés par des séparatistes armés. Entre les deux, le schéma est toujours le même : des civils meurent, les autorités publient des communiqués, les groupes armés nient ou tentent de justifier, et les acteurs étatiques et non étatiques se renvoient la responsabilité pendant que les tombes continuent de se multiplier.
Ce cycle de violence prospère grâce à l’impunité. Il y a des annonces d’enquêtes, mais pas de justice qui rende leur dignité aux victimes ou dissuade de futurs crimes. Il y a des condamnations, mais aucune protection pour le prochain village. Il y a des promesses, mais pas de paix. Les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ne sont pas des dommages collatéraux. Ce sont des citoyens. Leurs vies ne sont pas sacrifiables. Aucune cause politique, aucun objectif militaire, aucune revendication ne peut justifier le meurtre d’enfants ou la terreur infligée aux communautés. Si l’État n’est pas en mesure de garantir la sécurité, il doit alors repenser d’urgence son approche. Si les groupes armés prétendent se battre pour le peuple, ils doivent cesser de tuer le peuple. Le Cameroun ne peut pas continuer sur cette voie où la violence est banalisée et où la reddition des comptes devient optionnelle. De Ngarbuh à Gidado, le message est douloureusement clair : tant que la vie humaine ne sera pas une priorité, cette tragédie continuera de se répéter. Et à chaque fois, nous nous poserons la même question combien d’autres devront mourir avant que cela ne s’arrête ?
Kamerun, Ekombo’a Mwaye
Me Michèle Ndoki










