L’endettement croissant du Cameroun

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Un lourd fardeau pour des générations futures

Le Cameroun a contracté une nouvelle dette à haut risque en janvier 2026, lors d’une levée de fonds à Londres sur les marchés internationaux. Un danger pour une transition institutionnelle marquée par des contraintes budgétaires.

Cette opération s’inscrit dans une stratégie d’endettement répétée, justifiée par l’investissement dans des infrastructures et un fonds de 50 milliards pour les jeunes. Toutefois, l’opacité entourant ces emprunts suscite des inquiétudes quant à leur impact durable sur les générations futures. L’accumulation de dettes risquées pourrait compromettre la stabilité économique et limiter les ressources disponibles pour le développement social et environnemental.

Le Cameroun aurait effectué le 28 janvier 2026 une émission d’eurobonds de 750 millions de dollars via un placement privé à Londres, selon des sources comme Xinhua. Avec un taux d’intérêt de 10,12 % sur cinq ans, cette opération soulève des préoccupations face à la montée de l’endettement public. Bien que structurée comme une gestion financière standard, sa mise en œuvre dans un contexte de pression budgétaire accentue les risques de vulnérabilité économique. L’absence de transparence sur les conditions d’émission et les bénéficiaires reste inquiétante pour la société civile et les analystes. La croissance exponentielle de la dette publique, passant de niveaux modérés à environ 8 600 milliards de Fcfa, reflète une stratégie d’endettement devenue chronique. Bien que justifiée par des projets d’infrastructure, cette expansion inquiète, surtout avec un ratio dette/PIB approchant des seuils critiques. L’accent sur les emprunts sur les marchés financiers internationaux, auprès de créanciers privés plus exigeants, augmente le risque de vulnérabilité financière. Les impayés atteignant 485,4 milliards de Fcfa en 2025 témoignent d’un stress déjà présent dans la gestion budgétaire.

Le taux de 10,12 % sur l’émission obligataire du Cameroun en dollars représente un coût financier élevé, reflétant une perception risquée par les investisseurs internationaux. Ce « premium de risque » s’explique par des défis structurels persistants : dépendance aux matières premières, corruption, mauvaise gestion des projets publics et instabilité sociopolitique. Ces facteurs affaiblissent la crédibilité financière du pays qui doit ainsi payer cher pour accéder au financement extérieur. L’émission de 750 millions USD sur cinq ans souligne la pression accrue sur la dette, malgré les délais de remboursement allongés, ce qui pourrait aggraver la charge budgétaire à long terme. Le Cameroun s’endette à des taux élevés pour financer des déficits, mais les intérêts accumulés rendent la dette de plus en plus lourde. Les 420,3 milliards Fcfa empruntés aujourd’hui entraîneront des remboursements dépassant 800 milliards Fcfa, privant le pays de ressources essentielles pour l’éducation, la santé et la transition énergétique. Ce cercle vicieux menace la souveraineté économique et freine le développement durable. L’emprunt n’est plus un outil d’investissement, mais un mécanisme de financement du déséquilibre budgétaire. L’opacité entourant l’affectation et les conditions de ces fonds soulève des préoccupations majeures, notamment en matière de responsabilité démocratique. Le rôle du Parlement dans la supervision des emprunts reste en question, tandis que l’accès de la société civile aux contrats est limité. Ce manque de transparence renforce les risques de détournements ou de surfacturation, comme le montrent des précédents récents. Dans un contexte économique tendu, où les populations sont déjà confrontées à l’inflation, une telle opacité menace la confiance publique et la légitimité des politiques publiques. Le gouvernement actuel est marqué par une économie endettée dont la profondeur risque d’entraver les capacités de gouvernance future. Les emprunts massifs, souvent destinés à des projets aux retombées incertaines, placent les générations à venir face à une charge financière lourde. Un défaut de croissance ou une chute des exportations pourrait déclencher une crise de la dette. Par ailleurs, le mécontentement croissant de la population, consciente de cet héritage opaque, alimente un risque politique majeur. L’euphorie des marchés face à des taux d’intérêt élevés (10,12 %) masque potentiellement des fragilités structurelles. Le Cameroun court ainsi le danger d’une transition institutionnelle marquée par des contraintes budgétaires et une légitimité affaiblie.

globmedia.online

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