Rétention du corps par le gouvernement
Maurice Kamto dénonce, à travers un communiqué, la confiscation de la dépouille mortelle de l’homme politique Anicet Ekane par les autorités de l’État du Cameroun.
Le 24 octobre 2025, le Président National du MANIDEM, Monsieur Anicet EKANE, est interpellé à Douala et conduit à Yaoundé, encagoulé comme une bête sauvage. Il est enfermé dans une cellule du Secrétariat d’Etat à la Défense (SED), privé de l’appareil médical qui soutenait sa vie. Il meurt le 1er décembre 2025. Trois mois après cette douloureuse disparition, les circonstances ayant entouré sa mort n’ont pas été élucidées. Pire, malgré les multiples demandes adressées aux autorités de l’Etat, la dépouille mortelle d’Anicet EKANE n’a toujours pas été remise à sa famille, qui se trouve ainsi privée, sans raison connue, du corps d’un être cher, et dans l’incapacité d’organiser ses obsèques et de faire enfin son deuil. Cette rétention du corps d’un citoyen camerounais, de surcroît dirigeant connu d’un parti politique, dont les éléments connus indiquent que sa mort fut orchestrée, est incompréhensible, si ce n’est qu’elle renforce le sentiment d’un assassinat politique. Nous dénonçons vivement ces pratiques barbares et inhumaines dignes des dictatures les plus obscurantistes. Quel que soit ce que le régime en place reprochait à Anicet EKANE, celui-ci ne méritait pas le traitement odieux dont il a fait l’objet à la fin de sa vie, ni la souillure abjecte de sa mémoire et le châtiment obscène qu’il inflige à sa famille, ses proches et les membres de sa formation politique. Ce régime n’a pas respecté les choix politiques d’Anicet EKANE de son vivant, il doit respecter sa dignité d’être humain dans la mort. Nous exigeons des autorités camerounaises de libérer le corps d’Anicet EKANE et de le remettre à sa famille éplorée, afin d’abréger les souffrances indicibles de cette dernière, des proches du défunt et de tous ceux qui l’ont connu, aimé et apprécié dans le champ politique ou dans l’espace social. Par la même occasion, nous demandons la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et autres prisonniers d’opinions, y compris les personnes arrêtées dans le cadre de la crise postélectorale d’octobre 2025, dont une partie importante est constituée de mineurs.
Fait à Yaoundé, le 21 février 2026
Professeur Maurice KAMTO
Président National du MRC










