Après plus de trois mois de retards, la dépouille de l’homme politique sera remis à sa famille, suite à la levée des scellés par ordre du Commissaire du Gouvernement près le Tribunal militaire de Yaoundé.
Malgré les demandes répétées des avocats et de la famille, l’autopsie n’a pas encore rendu ses résultats, suscitant des inquiétudes quant à la transparence des procédures. La restitution du corps permet désormais aux proches d’organiser des funérailles dignes, mais l’absence de conclusions médicales laisse des questions sans réponse sur les circonstances du décès.
La levée des scellés sur le corps d’Anicet Ekane, décédé le 1er décembre 2025, après 85 jours de contention, marque une étape cruciale pour sa famille et ses partisans. Cette décision, prise par le Commissaire du Gouvernement près du tribunal militaire de Yaoundé, suit des démarches juridiques menées par ses avocats. Le transfert de la dépouille à la famille ouvre la voie à des obsèques dignes, tout en soulevant des questions sur les délais et procédures judiciaires dans les cas de décès liés à des interrogatoires ou affaires politiques sensibles.
Les démarches juridiques menées par les avocats de la famille d’Anicet Ekane reflètent une stratégie concertée pour accélérer la libération de son corps, en s’appuyant sur des instances administratives (commissaire du gouvernement, secrétaire d’État à la Défense). La saisine de l’Hôpital Central de Yaoundé vise à transférer la responsabilité de la conservation au sein de la famille, notamment à sa veuve, conformément aux procédures. Ce processus souligne les défis liés à la gestion des dépouilles dans le système public camerounais, où les délais et les responsabilités doivent être clairement déterminés.
L’autopsie d’Anicet Ekane, effectuée le 3 décembre 2025 sans le consentement de sa famille, suscite des tensions juridiques et éthiques. Malgré les protestations familiales, la procédure a été menée, soulignant un conflit entre l’intérêt public et le droit à la dignité du corps. Le rapport reste confidentiel, sous la seule autorité de la famille, conformément au secret médical. L’avocat de la famille affirme que les obsèques peuvent être organisées dès maintenant. Des allégations de perquisition forcée à la morgue ajoutent une dimension controversée à cette affaire.
L’autopsie d’Anicet Ekane, réalisée le 3 décembre 2025 sans la présence de sa famille, a suscité une forte polémique au Cameroun. Les ayants droit ont accusé les autorités de vouloir cacher les causes du décès d’un opposant arrêté après la présidentielle du 12 octobre 2025, soupçonné d’insurrection. Cette procédure, jugée illégale par la famille, a déclenché des menaces de poursuites judiciaires et disciplinaires contre les médecins légistes. La contestation soulève des préoccupations sur la transparence des enquêtes sur les décès de figures politiques en situation de détention.
Rayan Sofo, journaliste (Glob’Media)










