Destruction de plusieurs boutiques à Yaoundé : La colère gronde au marché Mokolo.

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Les commerçants du marché Mokolo sont exaspérés depuis la destruction de leurs boutiques et commerces.

Rouges de colère, ces débrouillards ont pris d’assaut l’esplanade de l’hôtel de Ville de Yaoundé pour exprimer leur mécontentement. Ambiance inhabituelle ce mardi 10 mars à l’hôtel de Ville de Yaoundé, la capitale politique. Une centaine de commerçants fourmillent dans la cour de cet espace. Leur source de revenus vient d’être emportée par une démolition géante.  Au total, plusieurs dizaines de boutiques et plus de 500 hangars ont été balayés, détruits, par la Société immobilière du Cameroun (SIC), propriétaire présumée de l’espace de la discorde.

Anéanti, Simon Bassilekin, comme près d’une centaine de ses collègues commerçants du marché Mokolo, affirme avoir tout perdu. « Des  milliards ! Vous imaginez ? Plus de 500 commerçants qui perdent leur marchandise à hauteur de 2, 10 ou 15 millions de francs CFA. Vous pouvez faire le calcul… C’est simple. »

Abattu, les yeux pratiquement embués de larmes, Paul, un autre manifestant assis à même le sol, crie au dédommagement : « Si nous sommes là c’est pour réclamer ce qu’il ont détruit. Qu’ils nous restituent simplement ce que nous avons pris des années pour bâtir et que nous venons de perdre comme au loto ». Non loin de lui, Jeanne, une jeune femme d’une quarantaine d’années terriblement traumatisée, perd le sens de la parole et nous lance dans un balbutiement à peine audible: « Je suis finie »

Face à l’ire des commerçants le maire accourt en sapeur-pompier

Luc Messi Atangana est sorti de son bureau pour aller à la rencontre des manifestants massés dans la cour de l’hôtel de ville. Le maire de Yaoundé a tenté de calmer les esprits dans un premier temps : « J’évite seulement d’intenter une action en justice contre la SIC pour cette démolition. Ce que je vais faire, en tant que détenteur de la force publique, c’est faire en sorte que la SIC ne fasse rien sur cet espace. » En attendant, la mairie promet de tirer cette situation au clair. Elle précise néanmoins que, pour le moment, les commerçants ne peuvent retourner sur le site. Selon les autorités de la ville, en décembre 2025,  une campagne de sensibilisation avait été effectuée pour informer les commerçants d’un déguerpissement imminent.

Christine Babanda, journaliste (Glob’Media)

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