Crise anglophone et crise postélectorale : Le réquisitoire de Me Alice Nkom face au Congrès américain

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En visite officielle aux États-Unis du 17 au 20 mars 2026, l’icône de la défense des droits de l’homme au Cameroun, Me Alice Nkom, a mené une offensive diplomatique de haut vol. Entre le Département d’État, le Congrès et les ONG internationales, l’avocate a dressé un réquisitoire sévère contre l’enlisement des crises anglophone et postélectorale, tout en esquissant les contours d’une sortie de crise.

Par Rayan Sofo — Glob’Media

Un marathon diplomatique sous le signe de l’urgence

Sous le thème « Justice, dialogue et l’obligation de rendre compte au Cameroun », Me Alice Nkom a investi les centres de pouvoir de Washington. Pendant quatre jours, la présidente du Conseil d’administration du Redhac (Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale) a multiplié les échanges avec des figures stratégiques, notamment les responsables des relations extérieures du Sénat et du Département d’État américain.

Cette visite, soutenue par la Coalition pour le dialogue et les négociations, intervient dans un contexte national de haute tension, marqué par les séquelles du scrutin présidentiel d’octobre 2025.

La question postélectorale : Le « cas » Issa Tchiroma

L’un des moments forts de ce séjour fut l’entretien avec Tibor Nagy, ancien Secrétaire d’État adjoint américain aux affaires africaines. Ce dernier n’a pas tari d’éloges sur Me Nkom, la qualifiant d’« héroïne ».

Mais c’est sur le terrain politique que Tibor Nagy a jeté un pavé dans la mare. Évoquant la présidentielle du 12 octobre 2025, il a souligné que des « indices solides » pourraient désigner Issa Tchiroma — actuellement en exil en Gambie et dont Me Nkom est la porte-parole — comme le véritable vainqueur du scrutin. Selon le diplomate américain, Issa Tchiroma reste un acteur incontournable pour l’avenir politique du pays, malgré les résultats officiels qui maintiennent le régime Biya au pouvoir.

Les plaies ouvertes : Crise anglophone et répression politique

Me Alice Nkom n’est pas venue à Washington uniquement pour parler de chiffres électoraux. Son plaidoyer a mis en lumière les tragédies humaines qui minent le pays :

Le conflit en zone anglophone : Une guerre qui dure depuis 2016, comptant des milliers de morts et près d’un million de déplacés. L’avocate a alerté sur le sort des détenus d’opinion et des victimes de la crise postélectorale.

Les figures sacrifiées : Le décès en détention d’Anicet Ekane, figure historique du Manidem, a été cité comme le symbole d’une dérive répressive inquiétante.

« La situation économique se détériore malgré l’abondance des ressources, et la diaspora reste injustement écartée du développement », a martelé l’avocate lors de ses échanges avec les membres du Congrès.

Mobiliser la diaspora et les organisations internationales

Au-delà des sphères gouvernementales, Me Nkom a mobilisé la société civile internationale. Elle a rencontré les responsables de Human Rights Watch, d’Amnesty International et du National Democratic Institute (NDI), représenté par le Dr Christopher Fomunyoh.

Devant une assemblée de plus de 200 Camerounais de la diaspora, elle a fustigé les « approches stratégiques du régime en place visant à empêcher tout changement ». Pour Me Alice Nkom, l’heure n’est plus au simple constat, mais à une pression internationale accrue pour forcer un dialogue inclusif et une transition politique pacifique au Cameroun.

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