Visite papale : Malédictions, pétrole et assassinats : Le diagnostic sans complaisance de Babissakana au Pape

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Dans une lettre de sollicitation spéciale dont nous avons obtenu copie, Babissakana, Laïc Spiritain Associé, dresse un tableau sombre des maux qui minent le pays : corruption endémique, pillage des ressources et culture de l’impunité. Pour l’ingénieur financier, le salut du Cameroun passe par une intervention spirituelle et un exorcisme structurel du système politique lors des messes pontificales de Yaoundé, Douala et Bamenda.

Lettre de sollicitation spéciale à Sa Sainteté le Pape Léon XIV, Successeur de Saint-Pierre

Délivrance du Cameroun des malédictions et envoûtements

Très Saint-Père,

L’annonce par le Bureau de presse du Saint-Siège le 25 février 2026 de votre voyage apostolique au Cameroun (Yaoundé, Bamenda et Douala) du 15 au 18 avril 2026 a été accueillie par plusieurs d’entre nous chrétiens catholiques camerounais comme étant un miracle de Dieu. Nous savons que notre Dieu Tout-Puissant ne fait pas de miracle sans preuve de foi.

Créée le 18 mars 1890 par le Pape Léon XIII votre inspirateur (fondateur de la doctrine sociale de l’Eglise, avec l’encyclique « Rerum novarum »), la Préfecture apostolique du Cameroun bénéficia initialement des services du Père Heinrich Vieter (prêtre allemand de la Société de l’apostolat catholique – Pallottin), nommé 1er préfet apostolique du Cameroun le 20 juillet 1890. Ainsi, le 08 décembre 1890, lors de la célébration de la 1ère messe dans la nouvelle chapelle de Marienberg (Colline de Marie), le Père Vieter plaça le Cameroun sous la protection de la Vierge Marie, Reine des Apôtres.

Depuis lors, malgré le départ des Pallotins allemands à la fin de la 1ère guerre mondiale en 1916, remplacés par les Spiritains français, l’expansion de l’église catholique romaine a été fulgurante. En 136 ans (1890 à 2026) elle compte au Cameroun cinq (5) provinces ecclésiastiques, 26 diocèses et plus de 1 306 paroisses pour un nombre de fidèles estimés à environ 38 % de la population (30,6 millions en 2026) soit 11,7 millions de personnes. Les catholiques camerounais et plus largement les chrétiens de toutes les églises confondues sont largement majoritaires dans le pays.      

Pourtant, le Cameroun souffre profondément des malédictions d’assassinats et du pétrole ainsi que des envoûtements subséquents de ses principaux dirigeants politiques depuis les années 1950. L’impact de ces malédictions et envoûtements se traduit en l’occurrence par un déficit criard et grandissant d’intégrité morale de nos principaux dirigeants politiques, de nombreuses et répétitives suppressions de vies humaines non élucidées, une prédominance des injustices multiformes, une corruption endémique, un taux très élevé de pauvreté et une fuite massive (immigration obligée) des citoyens qualifiés vers d’autres pays.

D’où l’importance historique et stratégique pour le Cameroun de votre visite en ce mois d’avril 2026. Dans cette optique, la présente lettre vise quatre (4) objectifs : (i) rappeler les principales sources des malédictions et envoûtements de nos dirigeants politiques seniors ; (ii) résumer quelques paramètres de la malédiction du pétrole et ses conséquences ; (iii) donner des repères statistiques de la malédiction des assassinats y compris ses conséquences, et surtout (iv) tomber à vos pieds pour solliciter des actions spécialement calibrées pour la délivrance du Cameroun lors de votre séjour prophétique et apostolique.        

1. Principales sources des malédictions et envoûtements des dirigeants politiques camerounais

A l’analyse holistique et systémique, les malédictions et envoutements de nos principaux dirigeants politiques tirent leurs racines ou fondements des métastases du crime colonial français au Cameroun. Ainsi, face au mouvement indépendantiste des années 1950, pour continuer à s’accaparer le plus longtemps possible les ressources naturelles du Cameroun avec un point d’honneur sur l’or et le pétrole, les autorités coloniales françaises étaient impitoyables pour anéantir par tous les moyens, les véritables leaders politiques camerounais en les substituant par des leaders politiques accommodants et co-acteurs offensifs de la criminalité coloniale et post-coloniale.   

Dans sa déclaration le 15 février 2017 à Alger en Algérie, le Président français Emmanuel Macron a reconnu que : « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes. »

Le pillage de l’or camerounais. En effet, le système monétaire international établi par l’accord de Bretton-Woods en juillet 1944 étant fondé sur le régime de change fixe or-dollar des Etats-Unis (à 35$ l’once d’or), les avoirs en or des pays constituaient ainsi un poste financier névralgique du bilan de chaque banque centrale. Après la 2ème Guerre mondiale, le stock d’or de la Banque de France était très bas à 487 tonnes en 1948. Mais étant un pays membre influent de l’accord de Bretton-Woods, la France devait tout faire pour respecter le niveau de réserves en or prescrit. C’est dans ce contexte que la France coloniale s’est notamment accaparée des avoirs en or du Cameroun, l’un des Etats membres de l’institut d’émission de l’Afrique Equatoriale Française et du Cameroun (IEAEFC) créé par décret n° 55-104 du 20 janvier 1955, transformé par ordonnance n° 59-492 du 4 avril 1959 en Banque Centrale des Etats de l’Afrique Equatoriale et du Cameroun (BCEAEC) avec son siège à Paris et laquelle sera reformée le 23 novembre 1972 en Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC). Le pillage de l’or est traçable par l’inexistence des avoirs en or dans les bilans de l’IEAEFC, de la BCEAEC et BEAC publiés par la Banque de France de 1955 à 1977. Mais, l’encaisse-or apparait « miraculeusement » en 1978 pour 2,3 milliards de FCFA dans le bilan de la BEAC. L’offensive coloniale française s’est traduite par l’encaisse-or de la Banque de France qui atteindra un volume record en 1966 de 4 654 tonnes avant de baisser à 3 172 tonnes en 1978, année d’entrée en vigueur de l’accord de la Jamaïque (les statistiques du stock d’or sont accessibles à https://www.persee.fr/doc/numi_0484-8942_2012_num_6_168_3176, article de Van Hoang Thi Hong in Revue numismatique – janvier 2012).

La main mise sur le pétrole camerounais. Après la première guerre mondiale, la géopolitique du pétrole était montée à une dimension prépondérante dans les systèmes énergétiques avec les enjeux majeurs d’approvisionnement. Les travaux de recherche et d’exploration de 1920 à 1935 ont révélé que le sol français est pauvre en pétrole. D’où le slogan « La France n’a pas de pétrole mais elle a des idées ».    

En 1945, après la deuxième guerre mondiale, dans l’optique de développer son indépendance énergétique par un système d’approvisionnement offensif et solide, l’Etat français créa le Bureau de Recherche de Pétrole (BRP), société d’Etat ayant pour mission de développer la recherche et l’exploration en particulier dans son immense empire colonial.   

Dans ce cadre, la France a débuté l’exploration du pétrole au Cameroun en 1947 avec la création du Bureau Français de Recherche de Pétrole au Cameroun (BRP). La Société d’Études, de Recherches et d’Exploitation du Pétrole du Cameroun (SEREPCA), un véhicule dédié, a été créée par le BRP en 1951. Le premier permis d’exploration a été accordé à la Serepca le 16 avril 1952 dans le bassin de Douala. En 1958, la Serepca est devenue Elf-Serepca (filiale de la Société Nationale des Pétroles d’Aquitaine -SNPA), dont le permis pour le bassin de Douala est resté le seul permis d’exploration jusqu’en 1964, date à laquelle les permis H-14 (Rio Del Rey) et H-15 (Sanaga) ont été attribués à la même Elf-Serepca.

En 1964 la découverte du pétrole est établie dans le bassin de Rio del Rey au Cameroun occidental. Afin de faire main basse sur le pétrole camerounais, la France coloniale imposa au président El Hadj Ahmadou Ahidjo l’initiative du démantèlement de l’Etat fédéral en vigueur depuis le 1er octobre 1961 pour instituer un État unitaire lui donnant les pleins pouvoirs pour la gestion patrimoniale du pétrole. Ce qui sera fait le 20 mai 1972 par un referendum de paille et la promulgation de la constitution de la République Unie du Cameroun le 02 juin 1972.

2. Paramètres de la malédiction du pétrole et ses impacts

Il est établi que le pétrole constitue une substance mystérieuse formée sur des dizaines de millions d’années à partir de la décomposition de microorganismes marins sous haute pression de température. Il est un concentré d’énergie fossile, liant le passé biologique de la terre à notre civilisation moderne, avec des propriétés allant du liquide fluide au goudron visqueux. Le pétrole est surnommé le « sang noir » en raison de son rôle vital et de sa nature organique. Une métaphore qui souligne à quel point il est indispensable au fonctionnement de notre monde moderne. Une des raisons de cette appellation découle d’une dimension géopolitique, conflictuelle et criminelle. Ce surnom possède particulièrement une connotation très sombre liée aux guerres et aux souffrances générées par son contrôle : (i) le prix du sang faisant écho aux nombreux conflits armés menés pour l’accès aux gisements, où le pétrole est souvent obtenu au prix du sang humain et (ii) la malédiction du pétrole traduisant et dénonçant la corruption, l’enrichissement illicite et les dommages sociaux liés à l’exploitation pétrolière. C’est dans cette perspective de « sang noir » que la malédiction du pétrole était entrée en 1972 à la Présidence de la République du Cameroun. Les appétits et les rêveries de la rente du « sang noir » avaient férocement conduit à l’envoûtement du président Ahmadou Ahidjo, de ses équipes et ses structures et s’y étaient structurellement installés. Le deal pétrolier avec la France coloniale avait conduit au démantèlement de l’Etat fédéral pour l’adoption de l’Etat unitaire avec la constitution du 02 juin 1972 donnant tous les pouvoirs au seul président de la République. L’arrivée de S.E. Paul Biya au pouvoir en novembre 1982, n’était que la stricte continuité car, il a la bonne connaissance du deal pétrolier et était déjà, dès décembre 1967, Directeur du Cabinet Civil du Président de la République. Ses initiatives de modifications constitutionnelles (1983, 1984, 1996 et 2008) ainsi que l’exercice de ses fonctions de Président de la République en continue pendant 43 années n’ont fait que radicaliser et systématiser l’envoûtement des structures, superstructures, processus et procédures de la Présidence de la République, de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) et ses équipes dirigeantes.

En conséquence,la gestion des revenus pétroliers camerounais depuis 1977 à ce jour n’a été qu’une véritable traduction de la malédiction du pétrole, un véritable « syndrome camerounais ». En somme, une mauvaise gouvernance pétrolière qui dessert le peuple. Ainsi, suivant une étude crédible accessible publiquement, sur un total estimé des recettes pétrolières revenant à l’État entre 1977 et 2006 qui avoisine les 19,8 milliards de dollars américains, le gouvernement camerounais a déclaré des recettes s’élevant à 9,1 milliards de dollars américains (chiffres de 2006) et ce uniquement depuis 1988, première année d’inscription des recettes pétrolières au budget de l’Etat. Cela signifie qu’environ 10,7 milliards de dollars américains, soit 54 % de la rente pétrolière, n’ont pas été déclarés ni transférés officiellement au budget de l’Etat. De plus, une pratique phare de la mauvaise gouvernance pétrolière, concerne les dépenses publiques faites par la Présidence de la République directement via la SNH au mépris du cadre légal et réglementaire des finances publiques. Dans le cadre de la coopération internationale, le Fonds Monétaire International (FMI) n’a rien pu faire de concret pour infléchir les déviations découlant de l’envoûtement financier de la Présidence de la République. Malgré un total de douze (12) programmes d’ajustement structurel négociés et appliqués par le Gouvernement du Cameroun de 1988 à 2025, à aucun moment, les objectifs arrêtés de plafonnement des interventions ou des dépenses directes de la Présidence de la République via la SNH n’ont été atteints.

L’impact majeur de cette mauvaise gouvernance est que les dirigeants politiques s’illustrent par une sorte d’entretien du cercle vicieux de pauvreté au Cameroun. Le taux de pauvreté selon les statistiques de l’institut national de la statistique (INS), est passé de 39,9% de la population en 2007 à 37,5% en 2014 et à 37,7% en 2022 soit environ quatre personnes sur dix. La population camerounaise étant estimée à 30,6 millions d’habitants en 2026, environ 11,5 millions de citoyens sont pauvres et vivent avec moins de 813 FCFA par jour, soit 24 724 FCFA par mois. Pour ces 11,5 millions de camerounais, un bon nombre n’a pas d’emploi et donc de revenus. Ils ne vivent que de l’assistance sociale fournie essentiellement par leurs familles. L’assistance sociale publique étant totalement absente. 

3. Repères statistiques de la malédiction des assassinats et ses conséquences

L’un des dix (10) commandements de Dieu dit que « Tu ne commettras pas de meurtre. (Exode, 20, 13) ». L’article 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée à Paris le 10 décembre 1948 (résolution 217 A (iii)) par l’Assemblée Générale des Nations Unies stipule que « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ». 

Mais, depuis les années 1950, les pratiques radicales de la criminalité coloniale française au Cameroun pour s’assurer l’accès privilégié aux ressources naturelles notamment l’or et le pétrole, ont finalement été acquises et adoptées comme mode opératoire standard par les principaux dirigeants politiques camerounais pro-français depuis l’indépendance en janvier 1960. Le sang des meurtres ou des suppressions des vies humaines de façon récurrente a introduit la malédiction des assassinats à la Présidence de la République du Cameroun conduisant en conséquence à l’envoûtement des présidents Ahmadou Ahidjo et Paul Biya, de leurs équipes et structures et s’y est structurellement installée depuis lors. Comme repères statistiques, plusieurs mouvements d’assassinats peuvent être cités. 

3.1. L’anéantissement du leadership politique indépendantiste camerounais.

Les autorités coloniales française en co-action avec les dirigeants politiques pro-français (notamment les présidents Ahidjo et Paul Biya, ce dernier étant déjà en octobre 1962 chargé de mission à la Présidence de la République) avaient mené au Cameroun une guerre atroce et particulièrement violente contre les indépendantistes camerounais de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) de 1955 à 1971. Dans ce cadre, ils ont particulièrement assassiné le 13 septembre 1958, comme une bête sauvage, le secrétaire général de l’UPC, Ruben Um Nyobè à l’âge de 45 ans. Le mouvement d’anéantissement des leaders politiques de premier plan s’est poursuivi notamment par les assassinats de Félix Roland Moumié, le successeur de Ruben Um Nyobè le 15 octobre 1960, de Castor Osende Affana le 15 mars 1966 et d’Ernest Ouandié, tué publiquement par fusillade le 15 janvier 1971. La densité et l’ampleur des assassinats de cette période sont établies et constatées par plusieurs auteurs français et camerounais. Ces constats privés reflètent partiellement l’intensité des crimes commis contre le leadership politique et plus largement la population du Cameroun. Les estimations sont données par : (i) Gilles Manceron dans « Marianne et les colonies » (2003) à plus de 100 000 morts de 1948 à 1960 ; (ii) Max Bardet et Nina Thellier dans « O.K. Cargo ! » (1988) entre 300 000 et 400 000 morts de 1962 à 1964 ; (iii) Ferdinand Chindji – Kouleu dans « Histoire cachée du Cameroun » (2006) à 2 000 000 de morts de 1955 à 1971 et Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa dans « Kamerun ! : une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971 » (2011) à des dizaines de milliers, peut-être davantage, de morts.

3.2. Les assassinats récurrents et non élucidés des religieux catholiques

Depuis 1982, un nombre très effrayant des ouvriers de Dieu a connu la mort de façon mystérieuse au Cameroun sans qu’aucune enquête des autorités politiques camerounaises parvienne à établir la vérité à ce jour. La liste quasi-chronologique non exhaustive ci-après a été initialement dressée par le journal l’Effort camerounais.

Il s’agit en l’occurrence de : (i) Mgr Jean Kounou et (ii) Abbé Materne Bikoaassassinés en 1982 à Mbalmayo ; (iii) Abbé Joseph Yamb, tué le 02 mai 1983 à Mandoumba (iv) Abbé Joseph Mbassi, tué le 25 octobre 1988 à Yaoundé ; (v) Abbé Barnabé Zambo, assassiné le 24 mars 1989 à Mbang ; (vi) Père Anthony Fontegh, tué en 1990 à Bamenda ; (vii) Mgr Yves Plumey assassiné, le 03 septembre 1991 à Ngaoundéré ;(viii) Père Amougou tué en 1992 à Sangmelima ; (ix) Soeurs Germaine Marie Husband et (x) Marie Léonne Bordy , tuées le 02 août 1992 à Djoum ; (xi) Père Engelbert Mveng, assassiné le 23 avril 1995 à Yaoundé ; (xii) Abbé Apollinaire Claude Ndi, tué le 21 avril 2001 à Yaoundé ; (xiii) Frère Yves Marie-DominiqueLescanne, assassiné le 30 juin 2002 à Maroua ; (xiv) Frère Anton Probst, tué le 24 décembre 2004 à Akono ; (xv) Abbé François Xavier Mekong, tué le 24 décembre 2008 ; (xvi) Abbé Armel Djama, assassiné en mai 2017 à Bafia ; (xvii) Mgr Jean-Marie Benoît Balla, assassiné le 31 mai 2017 ; (xviii) Abbé Alexandre Sob Nougi, tué le 20 juillet 2018 à Muyuka ; (xix)  Père Olivier Ntsa Ebode, assassiné le 1er mars 2023 à Obala et (xx) Père Christophe Komla Badjougou, tué  le 7 octobre 2024 à Yaoundé.

3.3. Les assassinats de la crise du Nord-Ouest et Sud-Ouest (NO-SO) du Cameroun

Débutée en 2016 par des revendications corporatistes, la crise du NO-SO s’est transformée en un conflit armé prolongé qui oppose le gouvernement du Cameroun à des groupes séparatistes réclamant l’indépendance de ces deux (2) régions sous le nom d’Ambazonie. La cause fondamentale du conflit réside dans le démantèlement (referendum de paille) de l’Etat fédéral en 1972 du fait du deal pétrolier avec la France et ayant contraint le Président Ahidjo à introduire l’Etat unitaire centralisé, s’accaparant ainsi de tous les pouvoirs de l’Etat fédéré du Cameroun occidental et créant ainsi une source objective la marginalisation de la minorité anglophone du pays. Le bilan humain est effrayant : (i) plus de 6 500 morts selon les données les plus récentes ; (ii) plus de 1,1 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays et (iii) environ 121 620 personnes réfugiées au Nigéria. Ladite crise se poursuit à ce jour.  

3.4. Les assassinats dus à la mauvaise gouvernance des affaires publiques

Les camerounais en bonne santé constituent le cœur même d’une population active capable d’accroître la productivité du pays. Le taux de la population consultant un personnel de santé qualifié n’était que de 58,6% en 2022. L’espérance de vie à la naissance de la population est passée de 53 ans en 2000 à 61,8 ans en 2021, inférieure à la moyenne africaine qui était de 63,6 ans en 2021. De plus, suivant les statistiques de l’OMS dont le détail est donné dans le tableau ci-après, le nombre des morts au Cameroun est passé de 203 493 morts en 2019 à 213 546 morts en 2021. Parmi ces morts, au regard du taux très élevé de pauvreté et du chômage, il faut reconnaitre qu’une proportion importante de ceux-ci le sont du fait de la mauvaise gouvernance publique. Ces citoyens meurent par impossibilité d’accès aux soins de santé adéquats du fait de l’absence ou l’insuffisance de revenus (chômeurs) conséquence de la mauvaise gestion des affaires publiques, d’une part, et par la défaillance du système de santé qui manque d’équipements adaptés (plateaux techniques médiocres) et où règne la précarité des rémunérations du personnel de santé, d’autre part.

Source : Organisation Mondiale de la Santé (OMS), https ://www.who.int/data/data-collection-tools/who-mortality-database

3.5. Les assassinats lents du système judiciaire et carcéral

Les assassinats lents sont le fait des autorités politiques qui entretiennent une gouvernance lacunaire et un management défaillant du système judiciaire et carcéral. Les personnes incarcérées et détenues arbitrairement parfois pour plusieurs années sans jugement ou alors ayant été condamnées pour plusieurs années injustement subissent donc ces assassinats qui détruisent leur vie et déstabilisent leurs familles. Le tableau ci-après donne quelques statistiques du nombre de personnes en détention provisoire ou en attente de jugement, qui est passée de 55,8% de la population carcérale en 2016 soit 15 622 personnes à 58% en 2022 soit 18 561 personnes. La crise post-électorale d’octobre 2025 a accéléré le nombre de personnes incarcérées et détenues arbitrairement de près de 2 500 personnes. Plusieurs citoyens y perdent leurs vies. Le plus récent cas est Anicet Ekane, leader politique, Président du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM), mort en détention abusive et sauvage le 1er décembre 2025.

Eléments2016201720202022
Taux d’incarcération (pour 100 000 habitants) 11512485116
Nombre de personnes incarcérées27 99730 70122 43032 003
Nombre d’établissements 79797979
Taux d’occupation164 %171 %125 %177,6 %
Taux de femmes incarcérées2,5 %2,7%2,6%2,6 %
Taux des enfants incarcérés2,9 %3,1%2,6%2,6%
Taux des personnes en détention provisoire55,8 %58,1 %66,8 %58 %
Nombre de personnes en détention provisoire15 62217 83714 98318 561

                Source : https://www.prison-insider.com

3.6. Conséquences de la malédiction des assassinats au Cameroun

Tous ces mouvements d’assassinats, tueries et massacres récurrents, cumulatifs et non élucidés du peuple de Dieu (anéantissement du leadership politique indépendantiste, assassinats des religieux, assassinats de la crise du NO-SO, assassinats liés à la mauvaise gouvernance des affaires publiques, assassinats lents du système judiciaire et carcéral) se traduisent par un fleuve de sang ayant notamment pour conséquences l’envoûtement de nos dirigeants politiques qui en sont les principaux responsables. L’intensité de l’envoûtement du sang des assassinats est décuplée par la malédiction du pétrole surnommée le « sang noir ». Plus grave encore, ces malédictions et envoûtements se sont largement diffusés dans les strates des structures publiques et dans tous les maillons de la société camerounaise et notamment chez les chrétiens qui en sont largement majoritaires.

L’on constate que le système gouvernant est piloté et dirigé par un esprit satanique, qui se nourrit de sang et des souffrances du peuple de Dieu. Ledit esprit produit et entretient de multiples esprits maléfiques et destructeurs tels que l’esprit de corruption, l’esprit de malversation, l’esprit de falsification, l’esprit de pollution, l’esprit de manipulation, l’esprit de vol, l’esprit de mensonge, l’esprit de destruction, l’esprit de scandale, l’esprit d’assassinat, l’esprit de compromission, l’esprit de tricherie et l’esprit de dissimulation. Ceci constitue la source profonde du déficit criard et grandissant d’intégrité morale de nos principaux dirigeants politiques et d’une grande proportion d’entre nous citoyens et chrétiens catholiques.

Par ces dynamiques de malédiction et d’envoûtement sanguinaires portées et promues par nos principaux dirigeants politiques et renforcées par leurs appartenances aux loges de la Franc-maçonnerie et/ou des Roses-croix, la peur de la mort par l’assassinat s’est structurellement installée dans les cœurs, a littéralement envahi les esprits et domine les comportements des camerounais en général et des chrétiens catholiques en particulier.

Pourtant, face à la mort, le Seigneur Jésus Christ dit, répondant à Marthe la sœur de Lazare : « Je suis la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jean 11, 25-26). 

4. Sollicitation d’un plan actions spécial pour délivrer le Cameroun lors de votre séjour apostolique

Très Saint-Père,

L’expansion à grande échelle de l’église catholique romaine au Cameroun depuis 1890 avec aujourd’hui plus de 1 306 paroisses et environ 11,7 millions de personnes, est inversement proportionnelle à la foi réelle en notre Seigneur Jésus Christ. La grande majorité d’entre nous chrétiens catholiques camerounais souffrons profondément, individuellement et collectivement, de la peur de la mort par l’assassinat, marque opératoire distinctif des principaux dirigeants politiques et du système gouvernance camerounais depuis notre indépendance en 1960 jusqu’à ce jour. Nous sommes envoûtés par la peur de la souffrance et de la mort que peut nous infliger à tout moment notre système politique actuel, producteur de la torture et la terreur induisant la crainte pour la survie de nos familles et nos enfants. Cet envoûtement emmène certains à perdre la tête en devenant membres des loges de la Franc-maçonnerie et des Roses-croix qui sont pourtant strictement incompatibles avec le statut de chrétien. Plusieurs chrétiens catholiques camerounais vous diront pour défendre leur inaction ou leur passivité par crainte de la tortue et de la mort, « Pardon, je veux voir mes enfants grandir ».  Par la présente, l’opportunité de votre visite apostolique et prophétique aidant, nous tombons très humblement à vos pieds, pour solliciter un programme d’actions spécifiquement calibré pour la délivrance et la libération, d’une part, des chrétiens envoûtés par la peur de la mort par assassinat, d’autre part, du Cameroun qui est sous l’emprise d’un système politique satanique, sanguinaire et insensible aux souffrances du peuple pourtant souverain. Un volet de ce programme d’actions pourrait être confié à une équipe d’exorcistes chevronnés, directement supervisé par le Saint-Siège et implémenté par la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun. Nous n’avons aucune compétence en exorcisme. Mais, nous avons la confiance et la foi que, tout ce que vous demanderez à notre Seigneur en faveur du peuple de Dieu au Cameroun et du pays lui-même, vous sera accordé avec le soutien de la Vierge Marie, Reine des Apôtres, protectrice du Cameroun depuis 1890. Dans cette optique, nous avons des fortes attentes notamment lors de la célébration de chacune des trois (3) messes apostoliques programmées (Aéroport International de Bamenda le 16/04, Stade de Japoma à Douala le 17/04 et l’Aéroport de Yaoundé-ville le 18/04) lors de votre visite dans notre pays. Dans le souhait ardent que notre sollicitation retienne votre attention, nous vous prions d’agréer, Très Saint-Père, l’expression de notre très haute considération.

Babissakana

Ingénieur Financier, Laïc Spiritain Associé 

Yaoundé, le 03 avril 2026

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