Face à l’adoption éclair de la réforme constitutionnelle par la Commission spéciale du Congrès, le Social Democratic Front (SDF) tire la sonnette d’alarme. Lors d’une conférence de presse tenue ce 3 avril 2026 à Yaoundé, Joshua Osih a fustigé un texte « opaque » et « précipité », dénonçant notamment la création d’un poste de Vice-Président nommé qui fragilise la souveraineté populaire. Entre rejet du ticket mixte anglophone-francophone et craintes d’une dérive centralisatrice, le leader de l’opposition appelle à une refondation institutionnelle qui ne ferait plus l’économie de l’histoire et de la diversité du pays.
Le président national du Social Democratic Front (Sdf), Joshua Osih, est monté au créneau le 3 avril 2026 au siège du parti à Yaoundé. Face à la presse, le leader de ce parti d’opposition a vivement dénoncé une révision constitutionnelle qu’il juge précipitée, opaque et lourde de menaces pour l’équilibre démocratique du pays. La Commission spéciale du Congrès a examiné le texte en moins de deux heures, ce que le Sdf considère comme un mépris démocratique. Aucun des amendements proposés n’a été retenu. Joshua Osih a déclaré, « Le pouvoir ne se donne pas entre amis, il se reçoit du Peuple. ». Le Sdf voit dans cette réforme une mécanique de succession verrouillée plutôt qu’un véritable processus d’alternance. La création d’un poste de Vice-Président nommé et révoqué par le Président de la République est jugée contradictoire avec l’esprit de la Constitution, qui fonde la légitimité du pouvoir sur le suffrage universel. Le Sdf avait proposé une alternative à l’élection conjointe du Président et de son Vice-Président sur un ticket unique soumis au vote populaire. Cette formule aurait permis de renforcer la légitimité démocratique et de refléter la diversité nationale. Le parti avait également exigé un ticket mixte, associant un anglophone et un francophone, dans un contexte marqué par les tensions persistantes de la crise anglophone. Pour Joshua Osih, le texte adopté « fragilise la légitimité, renforce la centralisation et ignore l’histoire récente du pays », Le Sdf appelle à une refondation institutionnelle inclusive et respectueuse des réalités historiques et sociales du pays, pour renforcer l’unité nationale et répondre aux attentes des citoyens. Malgré le rejet de son amendement, Joshua Osih affirme que le débat reste ouvert et que celui-ci poursuivra son engagement en faveur d’un Cameroun plus juste, plus démocratique et véritablement uni.
Stéphane Antoine Ayissi, journaliste (Glob’Media)










