Interview du Pr Jacques Fame Ndongo, Ministre d’Etat, Ministre de l’Enseignement Supรฉrieur, dans le Cameroon Tribune du 16 avril 2026, page 23
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Mon communiquรฉ du 13 avril 2026 s’inscrit dans la continuitรฉ d’autres alertes que j’avais dรฉjร lancรฉes. L’objectif est de prรฉvenir le public et d’รฉviter que les รฉtudiants ne se fassent escroquer par des programmes illicites et clandestins. Au Cameroun, personne ne peut ouvrir librement un รฉtablissement ou un programme d’enseignement supรฉrieur. La loi du 25 juillet 2023 exige une autorisation officielle de l’รtat pour toutes les formations. Sans cet accord, les diplรดmes prรฉparรฉs au Cameroun ou ร distance n’ont aucune reconnaissance lรฉgale. Cette rรจgle stricte s’applique ร tout le monde, que l’institution soit publique, privรฉe, camerounaise ou รฉtrangรจre. En rรฉalitรฉ, je n’interdis pas formellement les รฉtudes de doctorat dans le privรฉ. J’informe avec insistance lโopinion nationale et internationale, afin que nul nโen ignore (pour utiliser une pรฉriphrase juridique) : certains programmes actuels sont dispensรฉs sans l’autorisation de l’รtat. Dโaucuns promettent dolosivement des ยซ diplรดmes รฉtrangers ยป. Mais, ces titres n’ont gรฉnรฉralement aucune valeur universitaire, y compris dans leur propre pays. C’est une vรฉritable arnaque : les รฉtudiants paient trรจs cher en espรฉrant obtenir un authentique doctorat britannique, franรงais, amรฉricain ou autre. Mais, ils se retrouvent avec une simple attestation dรฉnuรฉe de toute valeur. Cela sโappelle, en droit, le dol. Le Chancelier des ordres acadรฉmiques ne peut pas lโadmettre.
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Comme vous le dites, ces programmes sont hors-la-loi. Mon message est trรจs clair : ceux qui s’y engagent le font ร leurs propres risques, car l’รtat camerounais ne reconnaรฎtra jamais ces diplรดmes. J’appelle donc les รฉtudiants ร la plus grande prudence ; on ne s’inscrit pas en doctorat ร la lรฉgรจre. Evitez les mirages. Comme dit lโadage, ยซ tout ce qui brille nโest pas or ยป et ยซ nul ne peut se prรฉvaloir de sa propre turpitude ยป, comme nous lโenseignent les juristes.
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Rappeler que les programmes de doctorat des institutions privรฉes doivent รชtre autorisรฉs ne signifie pas que le doctorat est un droit exclusif des universitรฉs de l’รtat. Le doctorat est une formation par et pour la recherche de trรจs haut niveau. Cโest la quintessence de la recherche. De ce fait, seules les vรฉritables ยซย universitรฉs de rechercheย ยป peuvent le dรฉlivrer. Pour ouvrir un cycle doctoral authentique, un รฉtablissement doit faire รฉtat dโun nombre suffisant de professeurs permanents de trรจs haut niveau et dโune solide expรฉrience en recherche scientifique. Aujourd’hui, la plupart des รฉtablissements privรฉs n’ont pas encore atteint ce niveau dโingรฉnierie acadรฉmique, scientifique et heuristique. Ils restent principalement concentrรฉs sur l’enseignement et leur capacitรฉ de recherche est encore embryonnaire.
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La loi d’orientation du 25 juillet 2023 trace justement le chemin pour guider le dรฉveloppement de ces รฉtablissements privรฉs. Elle les classe dรฉsormais en trois niveaux progressifs : la catรฉgorie 3 pour les Instituts universitaires, la catรฉgorie 2 pour les Centres universitaires, et enfin, la catรฉgorie 1 pour les Universitรฉs privรฉes. Les textes dโapplication de cette loi ont dรฉjร รฉtรฉ soumis ร la Hiรฉrarchie. Ils viendront prรฉciser comment une institution privรฉe dโenseignement supรฉrieur pourra passer d’un palier ร l’autre et quels diplรดmes chaque catรฉgorie sera autorisรฉe ร dรฉlivrer. Il est donc tout ร fait logique de penser que, dans ce nouveau cadre juridique, les institutions privรฉes qui parviendront ร atteindre le statut de vรฉritable ยซ universitรฉ privรฉe ยป (la catรฉgorie 1) pourront, ร terme, รชtre autorisรฉes ร ouvrir des programmes de doctorat, sous rรฉserve, bien sรปr, de remplir tous les critรจres contraignants d’une universitรฉ de recherche. D’ailleurs, l’Universitรฉ Catholique d’Afrique Centrale (UCAC) est un exemple probant qui illustre cette assertion. Bien qu’elle ait un statut particulier et ne soit pas une institution privรฉe de droit national classique, son cas prouve bien que le doctorat n’est pas le monopole des Universitรฉs d’รtat au Cameroun. Grรขce ร l’accord de siรจge signรฉ en 1989 entre le Cameroun et le Saint-Siรจge, l’UCAC fonctionne comme une vรฉritable universitรฉ privรฉe, dotรฉe dโun corps professoral excellent, dโune solide expรฉrience heuristique et dโun incontestable rayonnement acadรฉmique, tant au niveau national quโau sein de lโespace universitaire mondial. C’est la preuve que cette exigence de qualitรฉ est atteignable et c’est exactement le modรจle vers lequel nos รฉtablissements privรฉs doivent tendre.










