La malédiction du Mbéré
Les jeunes et les femmes de ce département espèrent que le président qui a promis de faire avec plus de femmes et de jeunes durant ce septennat, va enfin penser au Mbéré qui qui n’a jamais bénéficié ni d’un poste de ministre, de ministre délégué ou secrétaire d’Etat, le seul département de ce pays. En 43 ans de règne !
Le rappel de ce jeune militant de l’Organisation des jeunes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais du département du Mbéré, est révélateur de la frustration que les filles et fils de cette unité administrative peuvent ressentir : « en 43 ans de magistrature suprême depuis 1982, le président de mon parti nous a totalement oubliés. Et quand nous observons bien aujourd’hui, le département du Mbéré est le seul département, à ce jour, à qui le président Biya n’a jamais donné ni ministre, ni ministre délégué, ni secrétaire d’Etat. Et lorsque nous faisons le bilan du gouvernement, il a utilisé pendant cette même période plus de 300 ministres et assimilés. Une situation incompréhensible. Parce que nous sommes même les militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais les plus dynamiques et les plus fidèles de toute la Région de l’Adamaoua ».
Il révèle à l’appui que le Rdpc dans ce département contrôle quatre mairies sur quatre, trois sièges de députés sur trois et trois sièges sénateurs sur trois. Un record inégalé parmi les cinq départements que compte la région de l’Adamaoua, largement dominé par l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) de Bello Bouba Maigari et du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc) d’Issa Tchiroma Bakary. A la dernière présidentielle, le Mbéré a été le seul département de l’Adamaoua à avoir résisté à la bourrasque d’Issa Tchiroma Bakary, avec 51,88% pour Paul Biya, alors qu’il avait littéralement perdu ailleurs dans la Région château d’eau du Cameroun. « Raison pour nous d’attendre légitimement que le président de la République pense enfin à nous. Parce que nous allons encore bientôt retourner sur le terrain pour les municipales et les législatives », conclut ce jeune.
Danou Hughes Bertand, correspondance particulière.










