Liberté d’expression

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Brand Kamga obtient la liberté provisoire

Le journaliste de la chaîne Naja TV comparaîtra libre. La prochaine audience aura lieu le 17 février.

Après deux semaines passées dans les geôles de Kondengui, le journaliste Brand Kamga est libre. Le Tribunal de Première instance de Yaoundé-Ekounou a accédé à sa demande de mise en liberté provisoire. Selon ses conseils, il s’agit d’une victoire sur la détention arbitraire. « C’est déjà la victoire du droit. La victoire du droit sur les violences policières, la victoire du droit sur les forces occultes, la victoire du droit sur la violence judiciaire. Voyez-vous, le juge vient d’appliquer, là, à l’instant, les dispositions de l’article 301 du Code de procédure pénale, qui précise très bien qu’en matière de flagrance, lorsque c’est la partie civile qui demande le report de l’affaire parce que l’affaire ne peut pas être débattue, il faut donc que le juge ordonne la mise en liberté d’office » assure Me Hyppolite Meli.

Selon l’avocat cette détention de deux semaines environ  expose des atteintes à la liberté d’expression au Cameroun : « Donc, Brand Kamga a passé une semaine en prison pour rien… tout simplement parce qu’il a voulu suivre une enquête journalistique sur un fait, sur un phénomène social, et lui-même, lorsqu’il s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas avancer, il a renoncé. Donc, les forces occultes qui veulent faire taire la liberté d’expression ont reçu aujourd’hui une belle leçon, justement parce que la justice leur dit qu’ils ne pouvaient pas se cacher derrière pour manipuler des gens, pour que les gens soient privés de liberté ».

Diffamation

Du côté de la plaignante, on est moins euphorique. Si la mise en liberté provisoire du journaliste de Naja TV n’émeut pas, la médiatisation de l’affaire a du mal à passer. « Le tribunal a accédé à ladite  demande (ndlr demande de mise en liberté provisoire) et a en conséquence ordonné sa mise en liberté. En tant que partie civile nous n’avons aucun commentaire à faire sur la mise en liberté. Cependant, nous restons hautement préoccupés par la cabale médiatique et de propagation de fausses nouvelles qui a été perpétrée au préjudice de notre cliente » assure Me Jules Bertin Fongang avocat de Annette Josiane Njikeu Wandji.

Selon ce dernier, la médiatisation de l’affaire Brand Kamga-Annette Njikeu Wandjib a porté préjudice à celle-ci. « Nous disons qu’aujourd’hui notre cliente est une Dame détruite, une Dame ruinée. Parce que dans le monde en 2026, certaines personnes ont pour seule richesse, leur réputation, leur crédibilité. Et quand des professionnels des médias ou des influenceurs se lèvent un matin sans se donner la peine de checker l’information et se permettent de répandre des informations gravissimes contre une personne » assure l’homme de loi.

Face à cette  mobilisation médiatique, la plaignante qui était présente à l’audience de ce mardi 3 février laisse planer des menaces de poursuites judiciaires contre certains journalistes et influenceurs web. « Elle est venue devant la justice parce qu’elle espère et elle attend que justice lui soit rendue. Les individus qui affirment qu’elle aurait escroqué 40 millions pour les uns et 20 millions pour les autres …je mets au défi quiconque de m’apporter un commencement de preuve de cette allégation. Ma cliente se réserve le droit d’exercer tout devoir de recours contre quiconque s’est livré à une telle campagne de dénigrement » annonce Me Jules Bertin Fongang.

La prochaine audience est fixée au 17 février prochain. Pour rappel, le journaliste Brand Kamga est accusé de tentative d’enlèvement de mineure (ndlr la fille de l’athlète Annette Njikeu Wandji âgée de 13 ans). Des allégations jugées fausses par le journaliste qui assure avoir mené une enquête journalistique relative à des accusations d’escroquerie portées par Denis Gread, un citoyen français qui assure avoir eu une relation longue distance avec la sportive camerounaise.

BCM, globmedia.online

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