Université de Douala

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Une thèse de doctorat sur la COVID-19

Djiogue Tazufouo Pierre Sonore, étudiant en faculté des lettres et Sciences humaines a soutenu sa thèse de Doctorat/Ph.D en langue et linguistique française vendredi dernier sous le thème : « La modalisation discursive autour de la COVID-19 dans la presse écrite Camerounaise en 2020 »

Djiogue Tazufouo Pierre Sonore a obtenu la mention très honorable pour sa thèse sur la modalisation discursive autour de la COVID-19 dans la presse écrite camerounaise en 2020, soutenue devant un jury présidé par la Pr Flora Amabiamina. Ce travail, mené à l’Université de Douala, illustre une analyse approfondie des ressorts linguistiques et narratifs utilisés dans les médias durant la crise sanitaire. Son expertise en analyse du discours renforce la pertinence académique et sociale de ses recherches. Cette reconnaissance souligne l’importance de l’analyse critique des discours médiatiques dans les contextes de crise. Ce travail académique, structuré en trois parties et réparti sur six chapitres, reflète une recherche approfondie encadrée par Alphonse Joseph Tonye, professeur titulaire à l’Université de Yaoundé I, et Gérard Bouelet, Maître de conférences à l’Université de Douala. L’approche épistémologique et méthodologique souligne la rigueur scientifique attendue dans le cycle de doctorat. Ce cadre de direction illustre une collaboration interuniversitaire fructueuse, enrichissant la qualité des recherches en sciences humaines au Cameroun. Ce travail de recherche explore comment la pandémie de COVID-19 a été représentée dans la presse écrite camerounaise en 2020, mettant en lumière les mécanismes linguistiques et discursifs utilisés pour transmettre des messages d’urgence, de prévention ou d’incitation au comportement citoyen.

Elle s’inscrit dans une analyse pragmatique approfondie, révélant les stratégies de construction du sens face à une crise sanitaire mondiale. Ce travail contribue à la compréhension des rapports entre langage, pouvoir et santé publique au Cameroun. Il s’inscrit dans une tradition pragmatique où les énoncés ne sont pas seulement des instruments de communication, mais des actes qui construisent la réalité sociale. En période de crise, les discours politiques, médiatiques ou institutionnels deviennent des outils puissants pour définir l’urgence, assigner des rôles et mobiliser des réponses collectives. L’analyse du discours permet d’exposer ces mécanismes : comment des choix lexicaux, des tournures argumentatives ou des figures rhétoriques façonnent la perception du réel, influencent les comportements et légitiment certaines actions au détriment d’autres. Cette démarche s’inscrit dans une approche critique de la langue, où le langage n’est pas un miroir passif, mais un agent actif de construction sociale : « Nous voudrions chercher à comprendre une telle divergence radicale dans la construction de l’information, voir s’il s’agit d’une simple différence de style ou des mécanismes linguistiques profonds orientant la construction même de l’événement. Ensuite, interroger la nécessité, l’opportunité de la dramatisation permanente du discours autour des la maladie et enfin élucider scientifiquement l’ambivalence des effets produits par ce discours », atteste Dr Djiogue Tazufouo Pierre.

Pour Georges Madiba Oloko, Professeur des Universités, la thèse présentée par Dr Djiogue Tazufouo Pierre prend son ancrage dans le champ des Sciences du langage analyse les interactions discursives et symboliques des acteurs médiatiques (presse écrite) lors de la crise à coronavirus au Cameroun ; elle décline aussi une analyse des implications de l’énonciateur dans son énoncé afin de comprendre les logiques et les pratiques discursives de la presse face à la Covid 19. Elle a pour ambition d’analyser et de comprendre les représentations qui précèdent à la production d’un contenu médiatique ainsi que les ressorts linguistiques qui entourent sa compréhension. L’auteur se propose ainsi « d’étudier l’attitude des hommes des médias dans le traitement de l’information autour de la Covid 19 ; ce qui permettra de comprendre le discours de presse face à une situation de crise en général et face à la gestion de la maladie à Coronavirus en particulier». Un accent particulier est mis sur la réception (l’auteur parle tantôt « d’effets », tantôt « d’impact ») de la production médiatique mais surtout sur l’intentionnalité première de l’énonciateur: « nous avons analysé dans les articles de presse d’une part les indices de la présence de l’énonciateur dans ses textes et son intention communicationnelle à travers les modalisateurs utilisés, d’autres part et enfin, les effets d’un tel discours sur les récepteurs dudit texte en situation de crise ». Le problème central au cœur de cette thèse est celui de la subjectivité dans la construction de l’information par la presse en temps de crise sanitaire à coronavirus. L’avènement de la COVID-19 avait créé un flou permanent, un tâtonnement visible à propos de cette maladie incontrôlable. Cet état de chose a fortement influencé la production et la réception de l’information autour de la maladie et, de ce fait, son rendu par la presse. L’information était donnée et/ou traitée de façon variée. Cette recherche démontre que la presse, loin d’être un simple miroir de la réalité, construit activement l’événement COVID-19 à travers des stratégies de modalisation qui révèlent des enjeux idéologiques et impactent la gestion sociale de la crise. Au-delà de la COVID-19, cette recherche ouvre des perspectives pour l’analyse de tout discours médiatique en situation de crise et plaide pour une linguistique engagée qui analyse les discours non seulement pour les comprendre mais aussi pour améliorer les pratiques sociales.

Panisse Istral Fotso

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