Face à la montée inquiétante des violences exercées contre les femmes au Cameroun, il est plus qu’urgent de promouvoir un meilleur encadrement de celles-ci en vue de leur autonomisation.
Un constat amer
Le phénomène de violences exercées contre les femmes est une réalité visible partout en Afrique, notamment en Afrique subsaharienne. Cependant, au Cameroun, on note que ce phénomène prend malheureusement des proportions alarmantes ces dernières années. Ces violences, parfois inouïes, ont souvent comme conséquence, il faut le souligner pour le déplorer, des meurtres de femmes ou de jeunes filles : des féminicides.
Intensifier la lutte
Lors de son traditionnel discours à l’occasion de la fête de la jeunesse de 2026, le Chef de l’Etat du Cameroun, Son Excellence, Monsieur Paul BIYA, a décrié avec gravité le fait que les jeunes filles dans notre pays soient très souvent victimes de violences se déclinant en des situations de « harcèlement et d’abus de toutes sortes ». Dans un esprit de continuité, et dans le cadre des activités comptant pour la célébration de la 41ème journée internationale des droits de la femme, Madame la Ministre de la Promotion de la femme et de la famille, la Professeure Marie Thérèse Abena Ondoa, a également saisi l’occasion pour condamner fermement les violences faites aux femmes et les féminicides. Elle a qualifié cette situation de « mal profond » au regard des statistiques sans cesse croissantes. A titre d’illustration, pour ce premier trimestre de 2026, on dénombre déjà environ trois dizaines de cas de féminicides.
Il va sans dire que pour Madame la Ministre, l’ampleur de ce fléau exige une intensification de la lutte contre les violences faites aux femmes. Plus concrètement, il faut, indique-t-elle, dénoncer les auteurs de ces violences, mais aussi activer des leviers juridiques dans un sens dissuasif. Toutefois, si l’on ne peut nier la pertinence de ces mesures énoncées par Madame la Ministre de la Promotion de la femme et de la famille, il reste que la promotion de l’autonomisation de la femme est une mesure qui contribuerait à détruire le mal à la racine.
L’autonomie financière de la femme n’est plus une option
En effet, l’expérience montre que très souvent la précarité financière dans les ménages est souvent le nid des violences conjugales. Certaines femmes, parce qu’elles dépendent totalement de leurs conjoints sur le plan financier se sentent souvent obligées de se taire, de mourir en silence face aux violences qu’elles subissent de la part de ces derniers. Chez ces femmes, c’est la résignation totale qui se traduit souvent par cette malheureuse interrogation-exclamation : « On va faire comment ? On fait avec ! » Par contre, les femmes qui contribuent aux charges de la maison sont très souvent plus respectées par leurs conjoints et donc moins exposées aux violences de leurs conjoints. Il est donc important, pour toute femme, de travailler, d’entreprendre de manière à développer une certaine autonomie financière qui la rendra moins vulnérable, plus autonome. En définitive, les violences exercées par certains hommes contre les femmes sont dans bien des cas l’expression d’un complexe de supériorité suranné, mais aussi de leur manque de considération pour celles-ci. En d’autres mots, il s’agit d’une violation de la dignité de la femme. Même s’il faut noter sans vouloir le justifier que la violence physique masculine peut être une réponse inadéquate à la violence verbale féminine. Mais, quoique l’on dise, la violence, d’où qu’elle vienne, est toujours un acte répréhensible et condamnable surtout lorsqu’elle est exercée sur la femme, la mère de l’humanité. Chacun de nous, la femme en particulier, a droit au respect de l’intégrité physique de sa personne. La recherche de l’autonomie financière par les femmes les mettra assurément à l’abri des violences, ou tout au moins leur donnera plus de force pour condamner et/ou dénoncer les auteurs de ces dernières.
Martial TATCHIM FOTSO, M.A.
Diplômé du College of Liberal Arts and Sciences
St John’s University, New York, Queens, USA.









