Journée internationale des droits de la femme : « Droits. Justice. Action pour toutes les femmes et les filles »

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Retenu pour la Journée internationale des droits de la femme 2026 au Cameroun, ce thème appelle à une mobilisation concrète et inclusive face aux inégalités persistantes.

Il sensibilise à trois impératifs interconnectés : les droits fondamentaux (accès égal à l’éducation, au travail, à la santé), la justice effective (élimination des lois discriminatoires, lutte contre l’impunité des féminicides), et l’action immédiate (réformes législatives, sensibilisation sociétale). Par exemple, dans le gouvernement en formation, la parité transcenderait les quotas pour garantir un équilibre décisionnel : les portefeuilles régaliens devraient refléter la moitié féminine de la population, à travers l’intégration de perspectives diversifiées, souvent plus sensibles aux enjeux sociaux (santé, éducation, violences genrées).

Au Rwanda, leader mondial en parité parlementaire, les femmes dirigent plus de 50% des ministères depuis 2008 ; ce qui dynamise réformes agricoles et éducatives pour une croissance inclusive. Au Cameroun, le nombre des femmes ministres s’estime à 30%. Viser 50% dans les portefeuilles clés unirait société civile et élites. La domination masculine quasi exclusive à la tête des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire (Présidence, Parlement, Cour suprême) renforce la nécessité d’une parité effective pour une gouvernance inclusive et efficace. Le complément « pour toutes les femmes et les filles » insiste sur l’universalité contre les exclusions par classe, ethnie ou région, et résonne avec la liste des féminicides qui s’étire au Cameroun. En effet, les féminicides en continuelle hausse au Cameroun révèlent des dérives sociétales graves qui imposent d’élever la Journée internationale des droits de la femme (8 mars) au-delà des célébrations festives superficielles. Ces meurtres ciblés de femmes par leur conjoint ou ex-conjoint, souvent impunis ou sous-jugés, signalent un patriarcat violent persistant, amplifié par les conflits armés et les normes culturelles. Des collectifs et organisations appellent à une mobilisation soutenue, au-delà des parades annuelles qui masquent l’absence de lois spécifiques et d’application rigoureuse. La date du 8 mars, instituée pour honorer les luttes ouvrières et plaider l’égalité, mérite un recentrage sur l’action concrète : plaidoyers pour une justice genrée, éducation préventive contre les violences, et réformes systémiques. Dans tous les cas la revendication des droits des femmes, pour conserver son efficacité et sa légitimité, doit s’appuyer sur une affirmation sereine de l’égalité, sans verser dans un virilisme imitant les pires excès du patriarcat qu’elle combat. Au sens socioculturel et idéologique, particulièrement dans les débats féministes, le virilisme désigne l’exacerbation stéréotypée des attitudes, comportements et représentations viriles agressivité, domination, mépris de la «féminité» souvent adoptée pour affirmer une supériorité genrée. Dans le contexte des revendications féministes, il constitue un piège majeur : une imitation des excès machistes où la lutte pour l’égalité tourne à une posture conquérante et haineuse, au lieu de promouvoir une émancipation sereine et inclusive. Adopter des postures agressives ou dominatrices – langage violent, mépris systématique envers les hommes – engendre un mimétisme stérile des excès patriarcaux. Loin de rompre les dynamiques de pouvoir inégalitaires, cela inverse simplement les rôles : la femme opprimée risque de devenir oppresseur potentiel, pour perpétuer un cycle de domination genrée. Cette observation appelle une revendication ferme mais sereine, centrée sur des droits universels plutôt que sur une posture conquérante mimant le machisme.

Jacques Èvùnà

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