Le 19 mars 2026 restera une date charnière pour l’agro-industrie camerounaise. À Yaoundé, un protocole d’accord (MoU) historique a été signé entre le Groupe Fotso Jean II et le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (Minader). À la clé, un investissement colossal destiné à combler le déficit structurel en huile de palme brute du pays.
Le projet vise à transformer le paysage agricole de l’arrondissement de Yoko, dans la région du Centre. Le protocole d’accord octroie au Groupe Fotso Jean II le droit de développer 25 000 hectares de plantations de palmiers à huile. Ce projet ne se limite pas à la simple culture, puisqu’il intègre une vision de transformation industrielle complète via la raffinerie SCS ALID basée à Douala.
Un partenariat Public-Privé stratégique
Pour garantir le succès de cet investissement de 39,5 milliards FCFA, les deux parties ont défini des responsabilités précises :
Le Minader s’engage à faciliter l’accès au foncier, une étape souvent complexe. Il apportera également un encadrement technique et déploiera l’arsenal des mesures incitatives de la loi sur les investissements (exonérations fiscales et douanières sur les équipements importés).
Le Groupe Fotso Jean II : Doit mobiliser les fonds, notamment avec l’appui de partenaires comme la BDEAC (Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale). Outre la création d’emplois, le groupe est chargé de construire les infrastructures de base et de piloter la production industrielle.
Vers la souveraineté en huile de palme
Le Cameroun souffre depuis plusieurs années d’un déficit chronique d’huile brute, obligeant l’État à recourir à des importations coûteuses pour satisfaire les ménages et les industries savonnières. « Cette signature marque une étape décisive pour la filière. Elle garantit un cadre réglementaire favorable au développement de la production locale », souligne-t-on du côté des autorités.
Perspectives et impact économique
Bien que le palmier à huile demande de la patience la production initiale n’étant attendue qu’à partir de la sixième année les projections sont prometteuses. À terme, le site de Yoko devrait injecter environ 60 000 tonnes d’huile de palme brute par an dans l’économie nationale.
En renforçant la capacité de la raffinerie SCS ALID à Douala, ce projet vise non seulement à réduire la dépendance extérieure, mais aussi à stabiliser les prix sur le marché intérieur tout en créant un nouveau pôle de croissance dans la région du Centre.
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