Université de Dschang : Le Crépuscule d’un Géant ? Entre Portails Clos et Colère Estudiantine

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Électricité coupée, accès à l’eau devenu un luxe, cours suspendus… L’Université de Dschang traverse l’une des crises les plus graves de son histoire. Ce qui n’était qu’une panne technique s’est transformé en une faillite systémique, plongeant la « Cité de la Sagesse » dans une obscurité aussi physique que symbolique. Analyse d’un naufrage académique.

L’Aveu d’Impuissance : Un Campus sous Verrou

Le symbole est brutal. Depuis quelques jours, les portails de l’Université de Dschang sont clos. Ce n’est pas une simple fermeture administrative, c’est le signal d’un système à bout de souffle. Après des mois de dégradation, l’institution a fini par s’arrêter.

Le constat est sans appel : dans un espace censé forger l’élite de demain, on ne transmet plus le savoir, on tente désespérément de survivre. Sans courant pour éclairer les amphithéâtres ou faire fonctionner les laboratoires, et sans eau potable pour les besoins élémentaires, l’excellence académique n’est plus qu’un lointain souvenir.

La Révolte de la « Génération Obscurité »

Face à cette situation indigne, les étudiants ont choisi de rompre le silence. Les manifestations qui secouent le campus ne sont pas des débordements isolés, mais l’expression d’une frustration accumulée. « Comment peut-on nous demander de briller quand on nous maintient dans le noir ? » s’interroge un étudiant en Master. Leurs cris dénoncent une normalisation de la précarité. Pour ces milliers de jeunes, chaque jour de campus mort est une hypothèque sur leur avenir : calendriers désorganisés, examens reportés et compétitivité internationale sacrifiée.

Une Faillite de Gouvernance

Au-delà des tuyaux vides et des câbles sectionnés, la crise de Dschang agit comme un révélateur des maux qui rongent l’enseignement supérieur camerounais. Elle met à nu :

L’absence d’anticipation : Comment une institution de cette envergure a-t-elle pu laisser la situation pourrir pendant des mois ?

La gestion approximative : Les infrastructures, vieillissantes et mal entretenues, ne répondent plus aux besoins d’une population estudiantine croissante.

Le silence administratif : L’inertie des autorités, qui ne semblent réagir que lorsque la colère devient incontrôlable, est perçue par beaucoup comme une forme de mépris.

Sortir de l’Impasse : Le Temps des Réformes

La colère, bien que légitime, ne suffira pas à rallumer les lumières. Pour sauver Dschang, des mesures d’urgence s’imposent :

Le rétablissement immédiat des services de base (eau et électricité).

Une communication transparente de la part du rectorat sur les causes réelles de cette paralysie.

Un plan de maintenance structurel pour éviter que ce scénario ne se répète.

Si Dschang s’éteint, c’est tout un pan de la dynamique intellectuelle du pays qui ralentit. Le problème est structurel : sous-financement et absence de vision durable transforment nos campus en déserts logistiques. Aujourd’hui, à Dschang, ce n’est pas seulement le courant qui manque, c’est un cap, une vision, une direction.

La rédaction de Glob’Media

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