État d’urgence d’un corps malade
Le Collectif Diaspora Médicale Camerounaise (CODIMED237) s’insurge avec véhémence contre les attaques répétées de l’Ordre National des Médecins du Cameroun (ONMC) à l’encontre des professionnels de la médecine de la Diaspora.
Un pays émergent se reconnaît à la qualité de son offre médicale. Pour ce qui est du Cameroun, malgré les efforts considérables et louables du Gouvernement, le système de santé du Cameroun et l’offre des soins ont encore beaucoup de progrès à faire pour satisfaire la demande multiforme et croissante d’une population grandissante et demandeuse de soins de qualité. Et au lieu de mobiliser toutes les énergies pour remédier à cette situation, certains acteurs semblent préférer envenimer et compromettre une situation déjà précaire. C’est à cet effet que le Collectif Diaspora Médicale Camerounaise a, lors d’un point de presse tenu le 13 août 2025, dénoncé avec vigueur les attaques répétées de l’Ordre National des Médecins du Cameroun (ONMC) contre les praticiens de la diaspora. Ces médecins camerounais de l’étranger pourtant inscrits à l’Ordre et détenteurs d’autorisations officielles délivrées par le Ministère de la Santé font face à une véritable guerre d’usure : campagnes de dénigrement, obstacles administratifs arbitraires, fermetures punitives de cliniques, sanctions financières lourdes, et désormais une stigmatisation publique orchestrée par leurs pairs de l’ONMC.
Un paradoxe intenable et un précédent dangereux
Cette situation est d’autant plus paradoxale que, depuis plusieurs années, les plus hautes autorités de l’État, au premier rang desquelles le Président de la République, appellent la diaspora à contribuer activement au développement du Cameroun. L’Ambassadeur du Cameroun en France multiplie les initiatives pour tendre la main à ses compatriotes, et des projets structurants comme Diaspora Santé ont été mis en place en collaboration avec le Ministère de la Santé. Or, pendant que l’État ouvre les portes, certains responsables de l’ONMC préfèrent dresser des murs. Une partie de la hiérarchie médicale locale – souvent juge et partie car propriétaires de cliniques privées, parfois en violation des textes – perçoit les praticiens de la diaspora non comme des alliés mais comme des concurrents menaçant leurs rentes personnelles.
Un engagement patriotique menacé
Pourtant, les faits parlent d’eux-mêmes : la diaspora médicale organise régulièrement des missions humanitaires gratuites dans des zones enclavées ; Elle facilite le don d’équipements modernes et de plateaux techniques ; elle assure la formation continue des médecins et du personnel local ; elle participe activement à la création de cliniques de qualité, accessibles aux populations ; elle contribue à réduire la dépendance coûteuse et inefficace aux évacuations sanitaires. Ces initiatives, fruits d’un patriotisme désintéressé, sont aujourd’hui menacées par une cabale corporatiste.
Une voix collective s’élève
Le point de presse du 13 août 2025, co-dirigé par des figures de proue de la diaspora médicale, a permis de dresser un état des lieux alarmant. Aux côtés du Dr Samuel Dongmo, Ambassadeur de la Paix en sa qualité de Président du Haut Conseil des Camerounais de l’Extérieur, ont pris la parole le Dr Thomas Kana, le Dr Guy Jounda, le Dr Alain Jounda, le Dr Charlotte Nkembe et plusieurs autres praticiens engagés. Tous, d’une seule voix, ont dénoncé une dérive dangereuse pour l’avenir sanitaire du Cameroun. « Ce n’est pas une querelle entre confrères. C’est une question de vie ou de mort pour les patients camerounais. » a résumé l’un d’entre eux. Un appel solennel au Président de la République et à l’opinion publique. Les médecins de la diaspora n’ont pas choisi la confrontation. Ils réclament seulement ce que la loi et l’éthique imposent : un dialogue transparent, constructif et respectueux avec leurs homologues de l’ONMC et les autorités sanitaires. Mais si ce bras de fer perdure, c’est tout l’édifice construit depuis des années autour du rapprochement entre le Cameroun et sa diaspora qui risque de s’écrouler. Quel Camerounais installé à l’étranger prendra encore le risque d’investir son expertise et ses ressources dans un pays où des corporatismes locaux étouffent toute initiative ? En vérité, il ne s’agit pas seulement d’une querelle professionnelle. Il s’agit d’un choix de société : le Cameroun acceptera-t-il d’accueillir ses propres compétences pour construire son avenir, ou continuera-t-il à sacrifier la santé de son peuple sur l’autel des intérêts privés ? Le peuple camerounais, qui souffre quotidiennement d’un accès limité aux soins de qualité, attend une réponse claire. Et cette réponse ne peut venir que des plus hautes autorités de la République. Le Cameroun, résolument engagé dans sa marche vers le progrès, se fera avec toutes ses filles et ses fils. La santé y est un facteur clé. En conséquence, la boulimie de quelques-uns ne saurait primer sur le bien être de toute une nation.
Bemba Hange










