Dschang : Le cri de détresse d’une ville face à l’horreur des féminicides et infanticides

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C’est une marée humaine qui a déferlé dans les rues de Dschang ce mardi. Étudiants, mères de famille, leaders communautaires et citoyens ordinaires se sont levés d’un seul bloc pour dire « STOP ». Face à la recrudescence alarmante des féminicides et des infanticides qui endeuillent la cité universitaire et ses environs, la ville réclame justice et protection.

L’indignation à son paroxysme

Le silence habituel de la cité climatique a laissé place aux slogans de colère et de douleur. De la place de la Femme au centre administratif, les manifestants, pour beaucoup vêtus de noir, ont exprimé leur ras-le-bol face à une série de crimes odieux qui semblent devenir une macabre routine. « On ne peut plus se taire quand nos sœurs et nos enfants sont fauchés par ceux-là mêmes qui devraient les protéger », s’exclame une manifestante, brandissant une pancarte où l’on peut lire : « Aimer n’est pas tuer ».

Une spirale de violence qui inquiète

Depuis le début de l’année 2026, plusieurs cas de violences extrêmes ont secoué la Menoua. Des drames passionnels aux infanticides inexpliqués, la typologie de ces crimes révèle une profonde fracture sociale. Les experts pointent du doigt une détresse psychologique croissante, souvent exacerbée par la précarité économique et l’absence de structures de prise en charge efficaces. Selon les données collectées par les associations locales de défense des droits humains, le nombre de cas de violences domestiques ayant entraîné la mort a augmenté de 15% dans la région par rapport à l’année précédente. Cette mobilisation massive marque un tournant. Si la violence a longtemps été reléguée à la sphère privée, la rue s’en empare aujourd’hui comme d’un problème de santé publique et de sécurité nationale. Les manifestants exigent : l’application rigoureuse des peines contre les auteurs de ces crimes. La création de centres d’accueil d’urgence pour les femmes victimes de menaces. Une éducation renforcée sur le consentement et la gestion des conflits dès le plus jeune âge.

L’appel aux autorités

Le préfet de la Menoua a reçu une délégation des organisateurs de la marche. Bien que des promesses de renforcement de la sécurité aient été faites, les populations attendent des actes concrets. Pour Glob’Media, cette marche de Dschang n’est pas qu’un simple événement local ; c’est le reflet d’une conscience nationale qui s’éveille face à l’inacceptable. Dschang a parlé. Le Cameroun écoute. Reste à savoir si le message sera enfin entendu par les décideurs.

Rayan Sofo | Glob’Media |

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