Alors que Douala s’apprête à accueillir le Pape Léon XIV, l’Archevêque Samuel Kleda brise les codes du protocole. Entre dénonciation de la corruption systémique et plaidoyer pour la libération des détenus politiques, le prélat transforme cette visite apostolique en un véritable ultimatum moral pour le pouvoir de Yaoundé.
Le Cameroun s’apprête à vivre un moment historique. Pour la quatrième fois de son histoire, le pays accueillera un souverain pontife. Mais pour Mgr Samuel Kleda, l’heure n’est pas uniquement à la réjouissance liturgique. Dans une déclaration sans détour, l’Archevêque de Douala a dressé un état des lieux sans concession de la nation, appelant à ce que le passage du Pape Léon XIV marque un tournant définitif.
Un plaidoyer pour la libération des détenus
Au cœur des préoccupations de l’Archevêque se trouve la situation humanitaire et judiciaire post-électorale. Évoquant les tensions qui ont secoué la capitale économique, Mgr Kleda a plaidé pour un geste de clémence et de justice : « Beaucoup de personnes sont encore en prison… certaines n’ont jamais été jugées. C’est l’occasion, plus que jamais, qu’après la visite du Pape, nous nous engagions à tout faire pour la libération de nos frères. »
Guerre contre la corruption et gestion de la fortune publique
Le prélat a également pointé du doigt le « paradoxe camerounais » : un pays riche dont les populations souffrent faute d’une gestion équitable. Pour lui, la corruption est le principal frein au développement. S’appuyant sur l’exemple biblique des Actes des Apôtres, il appelle à un partage égal des richesses nationales. « Si notre pays n’est pas construit, ce n’est pas que nous manquons d’argent. C’est qu’il est mal géré », a-t-il martelé, invitant chaque citoyen à une véritable « conversion » vers la justice.
Le Stade de Japoma : Épicentre de la ferveur
Sur le plan pratique, la ville de Douala se mobilise. Le point d’orgue de cette visite sera la célébration eucharistique au stade de Japoma, un site choisi pour sa capacité d’accueil (environ 1,5 million de personnes) et sa conformité aux normes liturgiques. Pour ceux qui ne pourront accéder à l’enceinte, l’Archevêque a invité les fidèles à se masser le long du parcours, de l’aéroport jusqu’au stade, pour recevoir la bénédiction papale.
Un programme spirituel intense
Afin que cette visite « porte des fruits », l’archidiocèse de Douala a instauré une série d’activités préparatoires : Séances de prière régulières dans les paroisses. Nuits de prière dédiées à la paix au Cameroun et dans la sous-région. Sensibilisation des fidèles à l’accueil du message de l’Évangile comme outil de transformation sociale. En somme, pour Mgr Samuel Kleda, la question n’est pas de savoir si les Camerounais sont des saints, mais s’ils sont prêts à devenir des « artisans de paix ». Le passage du successeur de Pierre est désormais perçu comme l’ultime chance d’une réconciliation nationale et d’un renouveau éthique.
Par Rayan Sofo | Glob’Media
L’information qui vous connecte au changement.









