HISTOIRE & MÉMOIRE : JEAN MBOUENDÉ, L’INSAISISSABLE IMMORTEL DE LA RÉSISTANCE NATIONALISTE

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Septembre 1955 – Septembre 2026. Voilà exactement 71 ans que le pouvoir colonial français a officiellement lancé la traque impitoyable contre Jean Mbouendé. Soixante-onze ans plus tard, ce que l’histoire officielle a voulu effacer, les archives de la préfecture de la Menoua à Dschang et la mémoire familiale le crient aujourd’hui avec force. Jean Mbouendé : homme de paix, mais nationaliste parmi les nationalistes.

L’Assaut et la Trahison Le 29 mai 1955, Bafang est assiégé. Une horde de ravisseurs, constituée de certains chefs traditionnels bamiléké vendus à la cause coloniale au sein du « Bloc Bamiléké » et appuyée par la soldatesque venue du Congo-Brazzaville sous les ordres du Haut-commissaire Roland Pré, encercle la ville. Leur mission ? Assassiner Jean Mbouendé. Ne le trouvant pas, la vengeance se fait brutale. Le prince héritier Banka, Nitcheu Jean Baptiste, ouvre la voie à la destruction totale du patrimoine de Mbouendé (un acte infâme qui lui coûtera son déshéritement du trône). Dans la foulée, le chef Bandjoun, Kamga Joseph, pille et emporte le coffre-fort du nationaliste contenant 300 000 francs. Le chef Banfelouk tire de sang-froid sur le notable Banka Miaffu Yossa. Les concessions des camarades upécistes sont réduites en cendres. Heureusement, la dignité humaine n’avait pas totalement disparu : par respect pour l’histoire, le chef Bangangté Njiké refuse de faire la guerre à Banka et quitte ses homologues, suivi par les chefs courageux de Badenkop (Fezeu) et de Bangou (Kemayou), ainsi que les chefs Babouantou (Mougoué Michel), Banfeko (Datchoua Marcel) et Banka (Tientcheu Michel). La Chasse aux Sorcières et la Paranoïa Coloniale Trahi à Douala par un proche Jean Mbouendé réussit pourtant l’impossible : il s’infiltre et se retranche dans sa plantation à Kékem, renonçant ainsi à l’exil extérieur. Pour couvrir sa fuite, ses proches distillent de fausses rumeurs dans la population. La machine coloniale devient alors folle. Incapable de le capturer, l’administration lance une traque aveugle qui frappe même des « victimes phonétiques ». Tout ce qui résonne comme « Mbouendé » devient l’ennemi. Jean Dingué (propriétaire de l’hôtel Aurore à Yaoundé) est arrêté au Nord et jeté au bagne de Maroua Salack. Plus tragique encore, Mbouendeu Jean, le père du grand bâtisseur Louis Marie Djambou, est froidement assassiné pour son seul nom. De l’Unité Militaire à l’Unité Administrative de Kékem Pour traquer le leader nationaliste, le pouvoir colonial déploie les grands moyens. C’est d’abord une unité de commandement militaire stratégique qui est créée à Kékem, installant une présence armée féroce au cœur de la zone. C’est le succès et l’enracinement de cette structure répressive qui aboutira plus tard à la naissance officielle de l’unité administrative de Kékem. Un expatrié y est affecté pour réaliser la sale besogne. Les billets circulent, des enveloppes coloniales sont distribuées aux délateurs pour acheter le secret de sa cachette. Le Mythe du Caféier : Quand la Trahison Invente la Légende Mais le peuple protège son leader. Face à leur propre impuissance et terrifiés par la fureur du pouvoir colonial à qui ils ne pouvaient rien livrer, les traîtres aux abois inventent un mensonge mystique pour sauver leur peau et justifier leur échec : « Lorsqu’on s’approche de Jean Mbouendé, il se transforme en plant de café ! » Et le pouvoir colonial, aveuglé par sa paranoïa sécuritaire, joue le jeu. Dans l’espoir fou d’abattre mystiquement le nationalisme camerounais, la soldatesque est envoyée détruire la terre. 11 000 plants de café, âgés de 8 ans et représentant le labeur d’une vie, sont sauvagement abattus. Ils pensaient tuer l’homme en coupant ses arbres. Quelle ignorance ! Les Grains Germent Déjà… Les archives retrouvées aujourd’hui (comme cette note du 2 novembre 1955 qui le cherchait désespérément ou celle du 10 septembre 1955) témoignent à jamais de l’échec du colonisateur face à la résilience d’un homme. Jean Mbouendé est mort physiquement, mais sa mémoire demeure intacte. En détruisant sa plantation, ils n’ont fait que disperser les semences. Aujourd’hui, les grains de café qu’il a laissés sont en train de germer dans le cœur de chaque Camerounais épris de liberté et de justice. HONNEUR ET GLOIRE ÉTERNELLE AU NATIINALISTE !

IMMORTEL !!! Clément W. Mbouendeu Gardien de la mémoire de Jean Mbouendé

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