
En visite dans la capitale de la région du Sud-Ouest, le Premier ministre a présidé un dialogue communautaire pour la paix. Un déplacement qui intervient dans un contexte de recrudescence des attaques armées ayant lourdement perturbé la rentrée scolaire 2026.
« Vous méritez un avenir au-delà du conflit. » C’est par ces mots incisifs que le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute, s’est adressé lundi 28 septembre aux autorités administratives, parlementaires, élus locaux, chefs traditionnels et représentants de la société civile réunis à Buea. Près de dix ans après le déclenchement de la crise socio-politique et sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et sept ans après le Grand Dialogue National d’octobre 2019 qu’il avait lui-même présidé, le chef du gouvernement est revenu sur le terrain avec un discours de fermeté et de pragmatisme.
Dressant un bilan sombre d’un conflit qui s’éternise, Joseph Dion Ngute a égrainé les lourdes conséquences qui pèsent sur les populations : pertes en vies humaines, infrastructures publiques et établissements scolaires détruits, sans compter l’asphyxie économique de ces régions. Face à ce constat, le Premier ministre a insisté sur l’urgence de dépasser les simples déclarations d’intention. « Le dialogue entre les communautés ne doit pas se transformer en une nouvelle série de réunions où l’on discute, où l’on se serre la main et où l’on rentre chez soi. Le dialogue doit produire des résultats », a-t-il martelé, avant de lancer un avertissement lourd de sens : « Le Sud-Ouest ne peut pas se permettre de voir une nouvelle génération grandir en croyant que le conflit est la norme. »
Une rentrée scolaire sous l’ombre des armes
Ce plaidoyer pour une sortie définitive de la violence intervient au terme d’un mois de septembre particulièrement éprouvant pour les populations civiles. Dans le Nord-Ouest comme dans le Sud-Ouest, la rentrée scolaire 2026 a une nouvelle fois été la cible privilégiée des groupes armés séparatistes, résolus à paralyser le système éducatif.
La chronologie des derniers jours témoigne du climat d’insécurité qui persiste sur le terrain :
8 septembre : Attaque contre l’École normale des instituteurs de Wum (département de la Menchum, Nord-Ouest), marquée par l’enlèvement de cinq enseignants, libérés le lendemain.
Tout au long du mois : Imposition de couvre-feux illégaux et multiplication des menaces à l’encontre des familles pour les dissuader d’envoyer leurs enfants en classe.
Sur le terrain, les acteurs de la société civile décrivent une situation volatile et très inégale selon les localités. Malgré les assurances sécuritaires et la volonté des communautés de retrouver une vie normale, la réalité de cette rentrée 2026 demeure bien éloignée de la stabilité escomptée. En appelant à des actes concrets à Buea, l’exécutif tente de relancer une dynamique de paix, alors que le quotidien des citoyens reste rythmé par la peur et l’incertitude.
P I F (Glob’Media)









