Brisons les tabous.
Une conférence sous le thème « Brisons les tabous » s’est tenue Samedi 16 décembre 2023 à Akwa dans l’arrondissement de Douala 1er dans l’optique de ressortir des stratégies pouvant aider à mieux sensibiliser les populations sur toutes les formes de violences faites sur la jeune fille.
C’est avec beaucoup d’engagement et d’abnégation que le projet initié par l’écrivaine et coach Lisa Prudy, une camerounaise de la diaspora, revenue des États-Unis d’Amérique a été accepté par une grande majorité de camerounais. Des spécialistes de la santé, des ingénieurs et juristes étaient présents dans la salle Keywords 4 Success Coworking Space à Akwa pour poser les jalons du gigantesque projet consistant à faire le tour du Cameroun pour rencontrer les populations, même dans les zones les plus reculées pour toucher du doigts leurs réalités, les souffrances des jeunes filles souvent abandonnées à elles-mêmes, pourtant victimes de violence par des personnes les plus insoupçonnées.

La réunion a débuté par l’intervention de l’écrivaine engagée Lisa Prudy qui a manifesté sa gratitude vis- à -vis de ses convives. Me Mafetgo Clémence, avocate au barreau du Cameroun, à la cour pénale internationale et à la cour africaine des droits de l’homme, présente à cette rencontre a fait savoir son attachement à cette initiative qui, dit-elle, la touche profondément. « Brisons le silence » elle pense que ce phénomène part de nos cultures. À l’extrême nord par exemple, qui est une zone suffisamment retirée et qui applique encore les coutumes ancestrales, on voit des filles qui vont en mariage à 13 ans, parfois même à 10 ans et les parents acceptent cela, ils cautionnent cela, parfois pour des besoins économiques. Nous avons également des zones comme Kribi où on rencontre des filles qui font des enfants très tôt et ces sujets ne sont pas dénoncés peut-être parce que les parents se payent le prix des abus que subissent leurs enfants. L’enfant est également sous crainte révérencielle et ne dénonce pas parce que non seulement on va arrêter les subsides et on peut même aller jusqu’à menacer l’enfant de mort. Elle pense que la première chose, c’est une forte vulgarisation sur tout le territoire. Il faut transformer les mentalités, il faut que les parents changent, il faut également faire comprendre aux enfants que s’il y a un cas, il faut dénoncer. Mais est ce que les cellules écoutent ? Il faut l’existence de plusieurs cellules d’écoute, parce qu’un enfant qui est victime d’une situation pareille a peur d’être réprimé par le parent. Est-ce qu’il existe même une structure d’accueil en dehors de la structure d’écoute ? Nous n’avons pas assez de structures d’accueil. Nous avons eu des cas où des femmes victimes de violence n’ont pas su où aller parce que lorsque vous voyez avec le Minproff, nos textes ne sont pas améliorés parce qu’ils n’ont pas des mesures d’éloignement comme aux Etats-Unis ou en France où lorsqu’une femme est victime, on interdit à son bourreau de pouvoir franchir un périmètre carré de la zone dans laquelle se trouve son auteur. L’avocate pense qu’il y a un travail énorme à faire par l’Etat, par l’assemblée nationale, même sur les mesures de protection des femmes. Vous avez des femmes dans leurs foyers qui sont victimes de violence.

Elles saisissent le juge en séparation de corps, ce dernier prend la décision six mois après. Il faudrait qu’il y ait une amélioration, qu’il y ait une procédure urgente de référé. Une femme qui est en difficulté, on impose au juge deux, trois jours, au trop une semaine pour rendre la décision et ordonner la séparation de corps entre les époux. Ici au Cameroun, vous engagez une procédure de séparation de corps, vous pouvez attendre trois ans ou quatre ans, entre temps qu’est-ce que la femme devient, voilà autant de défaillances que je soulève, elle pense qu’avec beaucoup d’engagement, nous allons aboutir à quelque chose, en se mettant ensemble, on se fera entendre. Il faut un facilitateur sociologique pour pouvoir se retrouver partout sur le territoire. Une approche sociologique. Une campagne de sensibilisation. Il faut se déployer à travers les différents points focaux.










