Le Sénat demande au Gouvernement de durcir le ton
Selon la Chambre Haute du Parlement, l’Etat devrait être plus ferme vis-à-vis des personnes qui appellent aux troubles. L’institution a par ailleurs tancé le gouvernement au sujet du dépôt tardif du projet de loi de Finances
Le Sénat estime que le Gouvernement n’agit pas avec fermeté dans la gestion de la crise postélectorale. C’est du moins ce qui ressort du discours de clôture de la session budgétaire, du président de la Chambre Haute du Parlement, représenté par le Premier Vice-Président de l’institution, le sénateur Aboubakary Abdoulaye. « …force est malheureusement de constater que certains acteurs nostalgiques de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 continuent de répandre le venin de la division et de la haine à travers des déclamations dont le ridicule, dans un contexte différent, pourrait prêter à sourire. Mais, parce qu’il s’agit de la paix et de la stabilité de notre cher et beau pays le Cameroun, le Sénat tout entier, fort de l’assurance que S.E Paul BIYA, Président de la République, a donnée au peuple camerounais que l’ORDRE RÈGNERA, l’interpelle directement ainsi que son Gouvernement pour qu’ensemble, ils agissent avec la plus grande fermeté vis-à-vis de ces personnes à l’imagination fertile qui, par le biais des réseaux sociaux et par d’autres moyens illégaux, cherchent à assouvir des ambitions qu’elles n’ont pas pu atteindre par la voie démocratique » a indiqué le Premier Vice-Président du Sénat.
Au-delà de cet appel à la fermeté, tout comme le 3 novembre dernier, à l’entame de la session, le président du Sénat a interpellé le Gouvernement sur la prise en compte des frustrations des populations dans le cadre du nouveau mandat du président de la République, Paul Biya. « Nous garderons en mémoire ce moment historique où le Président de la République, dans son discours inaugural, a répondu à la plupart des interpellations que j’avais formulées dans le Discours d’ouverture de cette session, notamment celles liées à la gravité du moment, à la profondeur des frustrations, à l’ampleur des attentes et, plus encore, à la politique de la main tendue pour la paix. En nous félicitant de cet important message à la Nation, nous, Sénateurs de la République, comme tous les autres Camerounais, attendons la mise en œuvre effective de la politique amorcée pour le développement de notre pays dans la paix, la justice, l’équité et la lutte contre la corruption » a également assuré le Sénateur Aboubakary Abdoulaye.
Dépôt tardif de la loi de Finances
La clôture de la session budgétaire a également permis au Sénat de tancer vertement le Gouvernement au sujet du dépôt tardif du projet de loi de Finances. « Je m’en voudrais de ne pas rappeler ici, la nécessité, voire l’obligation de déposer au Parlement le projet de loi de règlement accompagné de toutes ses annexes, le projet de loi de finances et toute la documentation budgétaire dans les délais prescrits par la loi portant régime financier de l’État, afin de nous permettre de nous acquitter de notre mission d’examen et de contrôle en toute sérénité » a assuré le premier Vice-président du Sénat.
Le chapelet de récriminations du Sénat ne s’arrête pas là. La Chambre Haute s’en prend également aux membres du gouvernement, qu’elle accuse de clientélisme. « Sur ce plan comme sur tous les autres relatifs au bien-être des populations, nous attendons des Membres du Gouvernement à venir et autres futurs gestionnaires de crédit qu’à l’image de S.E Paul BIYA, Président de la République, ils fassent preuve d’honnêteté, de simplicité, de transparence, d’humilité et de discrétion abandonnant les pratiques clientélistes, l’autopromotion par le recours aux influenceurs sur les réseaux sociaux ou aux médias à leur solde ainsi que toute forme d’arrogance et de mépris, nous attendons qu’ils se mettent véritablement et résolument au service du peuple camerounais par la mise en œuvre effective de la Politique du Chef de l’État à qui ce peuple vient une nouvelle fois de confier son destin. »
Une sortie qui sonne comme une pression sur le président de la République au sujet de la nomination d’un nouveau gouvernement attendu depuis des lustres.
B C M










