La FIFA retarde la libération des joueurs africains

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Pourquoi les autres enviaient notre CAN

La décision de la FIFA de retarder la libération des joueurs au 15 décembre pour la CAN 2025 suscite un vif mécontentement. Cette mesure prive les 24 sélections de sept jours cruciaux de préparation, entraînant la nécessité de revoir les plans de stage et des pertes financières considérables.

Les autres enviaient notre CAN Parce que le temps de la CAN, on mettait sur pause leurs émotions hebdomadaires, pour les récupérer avec nous. On privait le Vélodrome ou Stamford Bridge de Drogba et ses buts pendant au moins trois semaines, pour nous empiffrer de ses exploits avec la Côte d’Ivoire et de ses pas de coupé-décalé après chaque but. On privait les européens de Samuel Eto’o au Nou Camp, et on leur laissait un Barca qui gagnait certes, mais qui manquait un ingrédient qui donnait un goût différent à la sauce de leur championnat. On prenait avec nous Adebayor, et le Highbury, l’ancien stade d’Arsenal, ne respirait plus la même oxygène. On prenait à Lyon, Michael Essien et le milieu perdait de sa superbe et de sa puissance. On prenait à l’Europe tout ce qui faisait le charme de son quotidien. On prenait au Real Geremi Njitap et ses centres millimétrés pour trois semaines. Diouf abandonnait Anfield, pour le boubou de la Teranga, et tous les médias anglais se détournaient pour voir ce qui était si important que la Premier League. On privait leur ciel des étoiles qui provoquaient la pénombre en plein jour. Seydou Keita laissait Barcelone pour le Mali, YAYA Touré laissait la Premier League orpheline de ses grandes enjambées…Tous, y compris leur médias, étaient obligés de se tourner vers la Can, de la respecter, de la subir pour trois semaines au moins. C’est pourquoi on disait de la Can qu’elle était un tournoi majeur. C’est pourquoi il était plus facile pour Hayatou, te tenir en laisse tous ces grosses écuries.

Un grand tournoi, ce sont des grands joueurs. Qui attirent les lumières et les caméras. La CAN ne restera donc une grande compétition, que parce que ces joueurs indispensables dans les clubs qui comptent, arrêtent le temps pendant les trois semaines de la Can. Ce n’est pas le calendrier ou la récurrence de la compétition qui faisait qu’on respectait la CAN. C’est la qualité des joueurs qui laissaient leurs clubs orphelins. Ou qui obligeaient certains comme l’Olympique de Marseille, à mettre à disposition de Joseph Antoine Bell, un avion qui lui faisait faire en 1988, les va-et-vient entre le Maroc et Marseille, pour que son étoile illumine en même temps les deux cieux. La CAN, si elle n’est plus un ciel étoilé, n’intéressera plus personne en dehors du continent. Elle deviendra même anecdotique. Combien de clubs qui comptent en Europe perdront véritablement les joueurs pour la Can? Il y en aura toujours. Mais de quelle importance ? Je me rappelle en 2008, à la veille de la finale entre le Cameroun et l’Égypte. Mourinho et Abramovitch ont atterri à Accra. Officiellement pour regarder la finale. Mais officieusement, pour embarquer illico presto Geremi Njitap, aussitôt la finale terminée, parce qu’il y avait un match au couteau qui attendait Chelsea. Et sa présence était indispensable. Combien de clubs peuvent encore le faire et pour combien de joueurs engagés à la Can? Voilà les grilles de lecture de l’impact d’une compétition.

Martin Camus MIMB

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