Football camerounais

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Une tempête s’installe

Les décisions récentes de la Fecafoot, parmi lesquelles le renvoie de Marc Bris, la nomination de David Pagou et l’exclusion de plusieurs piliers des Lions indomptables, ressemblent moins à une réforme structurée qu’à un nouvel épisode d’une crise devenue chronique.

Au lieu d’une stratégie sportive cohérente, l’on perçoit les secousses d’un système vacillant, pris dans un tourbillon où chaque choix semble davantage un geste de survie qu’un acte de gouvernance. La réélection de Samuel Eto’o, seul candidat en lice, aurait pu annoncer l’aube d’un apaisement. Elle marque plutôt le début d’une nouvelle tension. Le ministère des sports met en doute la régularité du scrutin tandis que la Fecafoot revendique son autonomie. Deux institutions issues du même terreau politique se retrouvent ainsi face à face, comme deux frères devenus rivaux, non pour servir une cause commune, mais pour conserver un territoire d’influence. Pendant que les sommets s’affrontent, le football camerounais se fissure. Après la dernière coupe d’Afrique des nations décevantes, un mondial insatisfaisant et aujourd’hui une élimination au mondial, la situation des lions indomptables retentit comme une cloche muette. Les joueurs oscillent entre deux autorités, les supporters s’essoufflent, et la nation sportive observe, impuissante, l’effritement d’un héritage jadis glorieux.

Dans ce théâtre d’ombre, aucune décision ne peut épanouir. Ni une Fecafoot dont la gouvernance est contestée jusque dans ses fondations, ni une tutelle dont la présence devient pesante ne sauraient, seules, ramener la clarté. L’avenir du football camerounais exige une délimitation nette des responsabilités, une humilité partagée et une volonté sincère de placer le l’intérêt national au-dessus des ambitions personnelles.

Stivin Temdemnou, journaliste (Glob’Media)

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