Coopération franco tchadienne

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Renforcement du partenariat économique

La rencontre à l’Élysée entre Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby Itno le 29 janvier 2026 marque un tournant historique dans les relations franco-tchadiennes passant d’une approche traditionnelle à un partenariat stratégique centré sur la diversification économique du Tchad au-delà du pétrole.

Le Président français, Emmanuel Macron et son homologue tchadien, Mahamat Idriss Deby se sont rencontrés au Palais de l’Élysée à Paris le 29 janvier 2026. L’objectif de cette rencontre portait notamment sur l’examen des différents aspects des relations bilatérales, d’après le communiqué conjoint publié à l’issue de cette rencontre. Les deux chefs d’Etat, précise le communiqué, « ont affirmé l’ambition d’un partenariat revitalisé, fondé sur le respect mutuel et des intérêts partagés, notamment dans le domaine économique » et agréé, à cet effet, une série d’orientations qui constitueront le fil conducteur de la redynamisation du partenariat franc-tchadien dans les domaines d’intérêt partagé par les deux pays. Les deux parties ont assuré que les discussions entre la France et le Tchad se poursuivront afin d’assurer la mise en œuvre et le suivi des engagements réciproques souverainement pris dans ce cadre. Ce nouvel accord franco-tchadien marque une rupture stratégique avec le passé, remplaçant l’accent sécuritaire par une vision économique centrée sur le développement. Ce partenariat pourrait stimuler les investissements, les infrastructures et les échanges, tout en consolidant une coopération régionale face aux crises transfrontalières. Le dirigeant tchadien « est venu à l’Élysée pour dialoguer d’égal à égal, porter la voix du Tchad et réaffirmer, sans ambiguïté, la nécessité d’une coopération repensée, étroite, réciproquement avantageuse et respectueuse de la souveraineté des États », a indiqué la présidence tchadienne dans un communiqué. Pour N’Djamena, la visite d’amitié et de travail de Mahamat en France, a permis de « lever les incompréhensions et d’aplanir les divergences » entre les deux pays, ouvrant ainsi la voie à une «nouvelle dynamique plus équilibrée et assumée » entre le Tchad et la France et constitue « le point de départ d’une coopération résolument tournée vers l’innovation et la prospérité partagée ». Leur relation s’est revitalisée autour d’un partenariat « gagnant-gagnant », visant à diversifier l’économie tchadienne. Cette rencontre marque une étape décisive dans les relations franco-tchadiennes, passant d’une approche traditionnelle à un partenariat stratégique centré sur la diversification économique du Tchad. En s’appuyant sur des investissements dans les secteurs agricoles, numériques et énergétiques non pétroliers, ce modèle « gagnant-gagnant » vise à renforcer la souveraineté économique tchadienne tout en consolidant la coopération sécuritaire et diplomatique. L’égalité des négociations souligne une volonté de rééquilibrer les rapports bilatéraux.

L’économie, nouveau pilier du partenariat

« La redynamisation de la coopération économique est une priorité », a martelé la présidence tchadienne, citant les domaines de l’énergie, du numérique, de l’agriculture, de l’élevage, de l’éducation et de la culture. Elle correspond à des secteurs où les intérêts français et tchadiens peuvent converger, à condition que Paris accepte de jouer le jeu d’un partenariat moins asymétrique qu’auparavant.

L’Élysée partage cette vision et l’assume pleinement. « Le prisme n’est plus sur le sécuritaire mais sur les dynamiques d’investissements et d’échanges culturels », a-t-on souligné côté français. Dans le secteur énergétique, les opportunités sont réelles. Le Tchad produit environ 120 000 barils de pétrole par jour, et TotalEnergies y maintient une présence historique malgré la volatilité des cours et les défis logistiques. Mais le pays cherche à diversifier son économie, trop dépendante de l’or noir, dans un contexte de transition énergétique mondiale.

Les énergies renouvelables, notamment le solaire, représentent un potentiel considérable dans un pays où l’ensoleillement annuel dépasse 3 000 heures et où seulement 11 % de la population a accès à l’électricité selon les dernières statistiques disponibles. Le numérique constitue un autre axe prometteur. Avec un taux de pénétration d’internet encore faible mais en croissance rapide, le Tchad offre un marché émergent pour les entreprises françaises spécialisées dans les télécommunications et les services digitaux. L’agriculture et l’élevage, qui emploient près de 80 % de la population tchadienne, nécessitent des investissements massifs en équipements, formation et infrastructures de commercialisation. La France, via l’Agence française de développement (AFD), dispose d’une expertise reconnue dans ces domaines et pourrait intensifier son appui technique et financier. L’éducation et la culture, enfin, représentent des leviers traditionnels de l’influence française en Afrique francophone.

Le Tchad compte des milliers d’étudiants boursiers en France, et la langue française y demeure la langue officielle et le vecteur principal d’enseignement supérieur. Mais là encore, N’Djamena entend diversifier ses partenariats académiques, notamment avec les universités chinoises et turques qui multiplient les programmes d’accueil. Paris devra donc investir davantage pour maintenir son attractivité.

globmedia.online

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