Jean Mbouendé

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Distinction entre nationalistes et terroristes

Il y’a  quelques jours, le gardien de la mémoire de Jean Mbouendé a fait une sortie sur une chaîne de télévision pour distinguer les nationalistes des terroristes

Des terroristes que beaucoup  d’histoires ont érigé  en héros.

Dans un groupe whatsapp constitué d’historiens, certains ont voulu faire croire qu’il  n’y a que des historiens pour intervenir sur l’histoire en oubliant qu’il y’a des figures comme Jean Mbouende qui n’a fait que 03 jours à  l’école allemande en début du siècle dernier et dont l’étude est la clé  de voûte de beaucoup d’historiens aujourd’hui pour obtenir leur diplôme.

Ayant fait la publication sur Facebook, aucun d’entre eux n’a pu apporter un argument scientifique pour contredire, si ce ne sont que des insultes pour celui qui a eu le courage de le faire. Le 10 février 2026, cela fera 66 ans qu’un agent de Singap et Momo écrivait à  Jean Mbouende dans l’optique de le localiser pour l’assassiner.  Mal lui avait pris puisque 06 mois après, il sollicitera l’appui de Jean Mbouendé pour sa réédition sans manquer de trahir ses nouveaux maîtres car il était lui-même un membre créateur de l’upc qui avait juste fait défection pour s’engager ailleurs.

Comment comprendre la source du terrorisme  en pays Bamiléké

Le mouvement nationaliste avait été infiltré. L’upc fantoche (union des paysans du Cameroun) dirigée à Bafang par Yeugong Bonaventure jouait son rôle de diversion. À côté, d’autres groupes dirigés par Singap Martin qui contrôlait la subdivision de Bafang et de Dschang et Momo Paul qui couvrait Bafoussam, Mbouda et Bangangté sous l’égide de l’ALNK, crée  par l’aile dure de l’upc en 1959 et dont la mission avait immédiatement été  éventrée par la France.

Leurs états-majors étaient installés respectivement à Fomopéa et à Tonga.

Leur représentant dans la subdivision  de Bafang était  Ngounou Etienne, ancien homme de main de Jean Mbouendé. Les membres étaient recrutés dans la population naïve qui pensait œuvrer en faveur de la souveraineté nationale. L’administration coloniale leur avait promis le pouvoir au cas où il parvenait à leur fin, à savoir éradiquer le mouvement nationaliste.

Ils sont derrière l’assassinat du chef Banfeko Datchoua Marcel, connu pour son penchant nationaliste. Ils ont enlevé l’une de ses épouses pour servir d’appât et quand il est allé la réclamer, ils l’ont abattu. Ils se sont emparés du chef Banka, Tientcheu Michel, nationaliste connu et l’ont conduit à Fondatie. Quand il a appris le ralliement de Jean Mbouendé le 25 mai 1960,  après la proclamation de l’indépendance et après la proclamation de la loi d’amnistie totale et inconditionnelle, il a envoyé un de ses notables s’assurer de l’authenticité de l’information. Celui-ci l’a rencontré et Jean Mbouendé lui a dressé un laisser-passer qui devait permettre au chef de revenir à la vie normale. Sur le chemin de retour, ce notable manifestait la joie d’avoir revu le nationaliste et exhibait en chantant le document reçu en direction du souverain. Ce groupe s’en est rendu compte et l’a assassiné entre les villages Bandja et Fondjomakwet et a conduit le chef Banka à Dschang où il ne sera libéré que quelques temps après par les éléments de l’armée camerounaise installés à Bafang en remplacement des troupes françaises à la demande de Jean Mbouendé.

Il n’a eu assurément la vie sauve que parce qu’il s’était replié en brousse sans épouse. Il en aurait pris une avec lui que les membres de ces groupes l’auraient assassinés pour s’emparer d’elle comme c’était de coutume pour eux. En 1959, ils ont enlevé une des épouses de Jean Mbouendé Moukam dont on est sans nouvelle jusqu’aujourd’hui. Il est important de signaler que l’ancien camarade de Jean Mbouendé qui l’accompagnait souvent au comité directeur à Kumba, Ngounou Étienne a fini par faire défection et à rejoint le groupe  de Singap Martin en représentant  Bafang à l’état-major. Ils l’ont utilisé pour infiltrer le refuge de Jean Mbouendé à Kambo dans le but de l’assassiner puisque sa tête était mise à prix par l’administration coloniale. La stratégie utilisée était cette lettre d’invitation à l’état-major en date du 10 février 1960 (voir annexe), écrite par Ngounou Etienne dont le porteur était Fodjeu Simon. Ils voulaient s’assurer que Jean Mbouendé était toujours dans ses plantations avant d’organiser son assassinat tel que planifié. Malheureusement ils sont tombés sur la dextérité et la finesse de Nitcheu Bernard, un des agents de liaison de Jean Mbouendé qui a accusé réception de la correspondance et a dit au porteur qu’il la transmettra dans la  » vraie fausse résidence » du nationaliste à Kumba où il s’est retranché,  lui a-t-il déclaré. Malgré ce subterfuge, ils ont mis près de deux semaines à lorgner coins et recoins du refuge de Jean Mbouendé sans l’apercevoir et pourtant il était là. Ce même Ngounou s’est rendu compte bien après, notamment au lendemain du ralliement de Jean Mbouendé en Juin 1960, qu’il était dans l’étau. Il a envoyé son épouse pour solliciter l’aide de Jean Mbouendé pour rallier également.

Il a indiqué un lieu à proximité d’un cours d’eau à Baboutcha-Nitcheu où Jean Mbouendé devait le retrouver pour l’opération de sauvetage. Celui-ci par prudence lui a plutôt recommandé de se réfugier dans une case au centre urbain de Bafang où il passerait le chercher. Il a opté pour cette solution et Jean Mbouendé a opéré sa réédition  et l’a présenté aux nouvelles autorités où il a fait sa déposition et a été remis en liberté en toute quiétude. Malgré l’hostilité de la hiérarchie catholique à l’endroit du mouvement nationaliste,, il n’était pas question pour ses membres d’aller à contre-courant des lois célestes.

Mais pour davantage ternir l’image des nationalistes, ces groupes fantoches répandaient partout la rumeur selon laquelle une fois l’indépendance acquise, ils feraient de l’église une salle de danse ou de commerce. Pour ce faire, après le catéchiste Nitcheu Raphael en septembre 1959, ils ont assassiné le père Gilles Heberlet et le frère Sarron (des Européens) à la mission catholique de Banka en novembre 1959. Après c’était le tour de monseigneur Siyam Georges et de l’abbé Fondjo Thomas d’être arrêtés et déportés dans leurs bases.

Ils ont terrorisé les populations, ont bâti leur fortune sur leur dos car non seulement ils violaient les femmes, mais également ils volaient, incendiaient écoles et hôpitaux. Ils s’attaquaient même aux bébés et femmes enceintes.

On ne saurait prétendre défendre une population et en même temps décider de la terroriser.

En marge de ces groupes, il y avait certains chefs traditionnels et certains opportunistes zélés qui avaient fait de ces événements un fonds de commerce en opérant à travers des dénonciations calomnieuses pour enfin exiger des rançons à certains paisibles citoyens.

Tous ces actes se faisaient malheureusement sous l’œil complice du pouvoir colonial qui s’arrangeait toujours à intervenir à posteriori.

L’objet Principal étant  de jeter le discrédit et l’opprobre sur le mouvement nationaliste.

Et pour avoir presque tous échoué dans leur mission, beaucoup de ces INSTRUMENTS furent assassinés par ce même pouvoir colonial qui avait la prétention de les défendre insidieusement.

Vous observerez plus loin que Jean Mbouendé après son ralliement à la faveur de la proclamation de l’indépendance en janvier 1960 et singulièrement de la loi d’amnistie totale et inconditionnelle a suffisamment communiqué pour désengager la responsabilité des leaders nationalistes sur ce qu’on a appelé en région Bamiléké terrorisme entre 1956 et 1960.

Moralité :

Pour étudier Jean Mbouendé, il faut tenir compte de ceci: il était  riche et a mis sa richesse au service de la justice sociale; il était non violent et savait qu’il peut avoir des nationalistes violents comme Ernest Ouandié mais aussi des « nationalistes institutionnels comme  Djoumessi Mathias et des « nationalistes devenus opportunistes » comme Singap Martin et Momo Paul.

Clément W. Mbouendeu

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