Cameroun

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De la supposée démocratie apaisée à la théocratie.

Dès son ascension fulgurante à la magistrature suprême du Cameroun en 1982, le Président Paul Biya a affirmé qu’il aimerait que les camerounais se souviennent de lui comme celui qui a amené la démocratie et le progrès dans notre pays.

Dans le même sillage de ses annonces politiques, il nous a fait admettre et comprendre que son magistère serait axé sur la rigueur et la moralisation. Chose curieuse, toutes ces choses promises n’ont jamais été aussi contestées que non implémentées dans un Landerneau politique Camerounais où exactement les populations tombent en conjectures sur le sens réel à donner aux annonces péremptoires du Président Paul Biya portant sur sa gouvernance de l’État du Cameroun. Trop d’attentes chez les camerounais, jamais accompagnées par des actes concrets dans un contexte général de gouvernance où corruption gabegie gouvernementale riment avec Excellence. En fait, les corrupteurs et corrompus sont vénérés au Cameroun au point d’être couronnés de médailles de reconnaissance du travail bien fait, alors même que les projets structurants innovants et générateurs d’impulsions économiques n’ont jamais connu de succès ni de réalisation effective et efficiente. Il en va de la gouvernance que des grandes annonces politiques du Président Paul Biya. Lorsqu’on observe la pratique démocratique, celle-ci s’apparente à un jeu de dupes dans lequel, tout est organisé pour renforcer les pouvoirs du monarque Président. Pour s’en convaincre, en termes de démocratie, le Président l’a tuée sur l’autel du népotisme et du griotisme politique beat, marqué par sa longévité au pouvoir et celle de ses collaborateurs directs qui font entorse à l’alternance exigée par toute société qui se dit démocratique. Nous vivons donc à l’ère de la transhumance de la démocratie dite apaisée, à la théocratie totale. La théocratie sur le plan politique, est un Gouvernement fondé sur la religion, où soit un dieu soit le clergé exerce le pouvoir. La seule observation de la gestion du pouvoir politique au Cameroun, où exactement le Président Paul Biya trône en maître absolu depuis 43 ans, qui décide de tout et influence l’exécutif, le judiciaire et le législatif, nous conforte dans l’idée qu’il est devenu un démiurge, un omniscient, un omnipotent, des attributs reconnus au Dieu vivant par nous les croyants. Le Président Paul Biya, ayant réussi à s’éterniser au pouvoir par des manigances de tous autres, ne saurait lever haut la main pour jurer qu’il est démocrate et qu’il est celui qui prétend avoir amené cette pratique politique au Cameroun ainsi que le progrès recherché toujours avec perte d’énergie. La démocratie ne se limite pas simplement à la liberté d’expression, ou à la multiplication des organes de presse, mais elle est adossée sur le socle de l’alternance qui suppose un changement de ressources humaines dans la gestion des affaires publiques. Et c’est justement, le fait d’avoir déifié un être humain (Paul Biya), comme étant le seul, l’unique raison de la gestion politique de la nation Camerounaise, qui nous conforte dans l’idée que, nous sommes passés d’une démocratie dite apaisée à une théocratie. Le Cameroun semble ainsi gouverné par un DIEU (Paul Biya), avec ses créatures fantastiques dans son gouvernement revêtus eux aussi, du sceau de la longévité au pouvoir. Nous restons, dans notre lucidité herméneutico illustrative, pour dire que l’humaine condition est réglée par la puissance de la mort qui n’épargne personne. Nos théocrates devraient donc se résoudre à l’idée qu’ils sont mortels, et que comme tout homme, ils sont appelés à mourir un jour et à laisser place à une alternance obligatoire et naturelle. La démocratie, la vraie, finira toujours par triompher, et ni l’indétrônable et inoxydable Président Paul Biya ne pourrait pas échapper à l’alternance obligatoire avec son départ de cette terre des hommes. Un conseil donc, il faudrait bien penser à quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent. Car la théocratie est de l’ordre divin. Que nos gouvernants en prennent conscience.

Jean Paul Nna Mvondo philosophe psychopédagogue.

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