Initialement prévue pour ce 29 mars, la grève illimitée des transporteurs a été suspendue in extremis après une journée de concertations marathon à Yaoundé. Si le dialogue a repris, les syndicats ne signent pas de chèque en blanc et fixent un ultimatum au 7 avril pour obtenir des résultats concrets.
Le spectre d’une paralysie totale des axes routiers s’éloigne… du moins pour quelques jours. Réunis ce vendredi 27 mars à Yaoundé sous l’égide du ministre des Transports, Jean Ernest Ngalle Bibehe, les leaders syndicaux ont accepté de ranger, temporairement, leurs banderoles.
Un répit de courte durée
La décision de suspendre le mot d’ordre de grève a été annoncée par Mbida Ndoumbe, Secrétaire permanent de l’Alliance des syndicats du secteur des transports. « Après consultation avec l’ensemble des présidents des syndicats membres de notre alliance, nous avons décidé de suspendre le plan de grève en attendant la suite des consultations », a-t-il déclaré, invitant les transporteurs à reprendre le travail. Toutefois, ce geste d’apaisement ressemble davantage à une trêve qu’à une résolution définitive. Les syndicalistes ont été clairs : le gouvernement a jusqu’au 7 avril pour transformer les promesses en actes.
Des revendications qui « sentent la naphtaline »
Si le conflit a été ravivé par la double hausse des prix du carburant et l’absence de mesures d’accompagnement, les griefs des transporteurs ne datent pas d’hier. Le cahier de doléances pointe des problèmes structurels profonds :
La gestion du Fret terrestre : Des tensions persistantes avec le Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT). L’insécurité galopante : Les transporteurs dénoncent les enlèvements et les tueries sur les corridors routiers. Le blocage institutionnel : Une rupture de dialogue avec les douanes et des litiges sur les ponts bascules (Ministère des Travaux Publics). Le volet social : La question complexe des affiliations à la CNPS. Plus singulier, le collectif réclame également l’intervention de l’État dans le dossier d’un transporteur détenu à Ndjamena (Tchad) pour soupçon de trafic de drogue.
La réponse du gouvernement : vers une action interministérielle
Face à l’urgence, le ministre Jean Ernest Ngalle Bibehe a joué la carte de la coordination. Le gouvernement s’est engagé à mobiliser plusieurs leviers :
Défense : Saisine du ministère de la Défense pour sécuriser les axes routiers.
Finances : Rétablissement immédiat du dialogue avec la Direction générale des Douanes.
Diplomatie : Le ministère des Relations extérieures a confirmé que des discussions sont en cours avec les autorités tchadiennes.
« Nous avons reçu l’assurance du gouvernement que des mesures fortes seront prises », a souligné Mbida Ndoumbe, tout en gardant une « épée de Damoclès » suspendue au-dessus de l’exécutif. Le compte à rebours est désormais lancé. Si au matin du 8 avril, les transporteurs estiment que les lignes n’ont pas bougé, le pays pourrait de nouveau faire face à un blocage de ses principales artères économiques.
Par la Rédaction Glob’Media










