Réuni le 2 avril dernier, le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique Centrale a rendu son verdict sur la santé économique de la sous-région. Entre ralentissement de la croissance, légère poussée inflationniste et maintien d’une politique monétaire rigoureuse, l’horizon 2026 s’annonce sous le signe de la prudence.
L’optimisme n’est pas tout à fait au rendez-vous à Yaoundé. Le Gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a dévoilé des prévisions macroéconomiques révisées qui confirment une perte de vitesse pour les économies de la zone CEMAC (Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, RCA, Guinée Équatoriale).
Croissance : Un ralentissement plus marqué que prévu
Le chiffre phare de cette session est sans doute celui de la croissance économique. Alors qu’elle affichait 3,5 % en 2025, elle devrait retomber à 2,9 % en 2026. Ce ralentissement est une demi-surprise : si les services de la Banque sont plus pessimistes qu’en 2025, ils notent tout de même que ces chiffres restent légèrement supérieurs aux projections très conservatrices de décembre dernier.
Inflation : Sous contrôle, mais à surveiller
Sur le front des prix, la situation reste stable mais s’oriente vers une légère hausse. L’inflation moyenne annuelle est attendue à 2,3 % en 2026, contre 2,1 % l’année précédente. Bien qu’en hausse, ce taux reste confortablement en dessous du seuil communautaire de 3 %, signe que les pressions inflationnistes demeurent, pour l’instant, contenues dans la zone. [Image de l’évolution du taux de croissance et d’inflation en zone CEMAC]
Réserves de change : Le retour à l’équilibre ?
C’est le point positif de ce rapport. Après une année 2025 marquée par une chute brutale des réserves de change (environ 1 000 milliards de FCFA de perte), la tendance semble s’inverser.
Les indicateurs de solidité extérieure de la monnaie reprennent des couleurs : Couverture extérieure : Elle devrait grimper à 68,0 % (contre 64,9 % en 2025). Mois d’importations : Les réserves représenteraient 4,52 mois d’importations de biens et services, dépassant ainsi le seuil critique de 4 mois. Toutefois, ces chiffres restent en deçà des ambitions initiales du Gouverneur, qui espérait atteindre plus de 4,9 mois d’importations dès cette année.
Statu quo sur les taux : La BEAC maintient la pression
Pour contrer les incertitudes et stabiliser l’économie, le Comité de politique monétaire a choisi la continuité. Pas de baisse des taux en vue. La BEAC maintient sa politique de « durcissement » entamée fin 2025 pour freiner la création monétaire excessive.
Les taux directeurs inchangés :
| Outil monétaire | Taux actuel |
| Taux d’Intérêt des Appels d’Offres (TIAO) | 4,75 % |
| Taux de facilité de prêt marginal | 6,25 % |
| Taux de facilité de dépôt | 0,00 % |
| Réserves obligatoires (vue) | 7,00 % |
En serrant ainsi la vis monétaire, la BEAC confirme sa priorité : protéger la valeur du Franc CFA et garantir la stabilité financière de la sous-région, quitte à sacrifier quelques points de croissance à court terme.
Par Rayan Sofo| Glob’Media
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