Assemblée nationale : Un épilogue en « queue de poisson » et des doutes persistants

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La session parlementaire de mars 2026 s’est achevée dans un climat de profonde fracture. Entre la satisfaction affichée du RDPC et le cri de détresse de l’opposition, le passage à une République avec Vice-président cristallise toutes les tensions. Décryptage d’une fin de session électrique.

Le choc des ressentis

D’un côté, des sourires et des félicitations. De l’autre, de l’amertume et de la déception. À l’heure du bilan, les députés de l’opposition ne décolèrent pas. Bienvenu Ndjip (PCRN) évoque un « moral bas », tandis que l’honorable Koupit Adamou (UDC) ne cache pas sa tristesse face à ce qu’il qualifie de recul démocratique. Le point de rupture ? L’adoption de textes controversés : la prorogation des mandats des élus et, surtout, la création du poste de Vice-président de la République.

L’ombre du « gré à gré »

Pour l’UDC et le PCRN, le compte n’y est pas. L’opposition craint que cette modification constitutionnelle ne soit qu’un habillage juridique pour une transition contrôlée, loin des urnes.

« Il ne faudrait pas que le Président donne l’impression que cette modification était l’ouverture de la voie vers la monarchie ou la transmission de gré à gré du pouvoir », prévient l’honorable Koupit Adamou. L’opposition avait pourtant proposé des garde-fous clairs :

L’équilibre linguistique : Un Vice-président anglophone si le Président est francophone.

L’ancrage constitutionnel : Des attributions définies par la loi fondamentale et non au gré des décrets. Le contrôle parlementaire : Une nomination soumise à l’onction du Parlement.

Des amendements balayés d’un revers de main par la majorité.

« Maîtres d’ouvrage » d’une mutation historique

Au perchoir, le ton est radicalement différent. Pour Théodore Datouo, nouveau visage fort de la Chambre basse, les députés sont les « privilégiés » d’une réforme historique. En célébrant l’institution de la Vice-présidence comme un « tournant institutionnel », le pouvoir consolide l’initiative du Chef de l’État, ignorant les griefs de la minorité parlementaire.

La fin d’une époque : Le grand basculement

Cette session de mars 2026 restera surtout gravée dans les annales comme celle du grand ménage au sommet. En quelques jours, les deux piliers du Parlement sont tombés :

À l’Assemblée : Théodore Datouo remplace Cavaye Yeguié Djibril (33 ans de règne).

Au Sénat : Aboubakary Abdoulaye succède à Marcel Niat Njifenji.

Avec le départ de ces figures quasi-centenaires, le Cameroun tourne une page de son histoire législative, mais entre dans une zone de turbulences où la question de la succession reste, plus que jamais, le cœur du jeu politique.

Par R Sofo | Glob’Media

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