Maurice Kamto accuse Paul Biya de « parjure » : Le leader du MRC dénonce un coup d’État institutionnel

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Dans une sortie médiatique virulente, Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a fustigé la récente réforme constitutionnelle et la prorogation des mandats électifs. Entre accusation de violation de serment et déni de légitimité des institutions, l’opposant dépeint un régime qui gouverne « par embuscade ».

Le climat politique camerounais s’alourdit à l’approche des prochaines échéances électorales. Maurice Kamto, figure de proue de l’opposition, vient de lancer une offensive juridique et politique contre le chef de l’État, Paul Biya. Au cœur de son argumentation : l’accusation de parjure.

La Constitution au cœur du conflit

Pour le leader du MRC, le président de la République a franchi la ligne rouge en violant l’article 64 de la Constitution, lequel dispose qu’aucune révision ne peut porter atteinte à la forme républicaine et aux principes démocratiques de l’État. Maurice Kamto pointe du doigt trois réformes majeures : la création du poste de Vice-président nommé (avec droit de succession), la prorogation du mandat des députés et celle des conseillers municipaux. « En 2025, le Président de la République a prêté serment de protéger la Constitution. L’acte législatif de révision constitutionnelle est un acte inconstitutionnel qui viole de façon flagrante l’article 64 », martèle-t-il. Selon lui, instaurer un mécanisme où un Vice-président nommé et non élu hériterait du pouvoir en cas de vacance (décès, démission ou incapacité) est une négation pure et simple du principe démocratique élémentaire.

Des institutions jugées « illégitimes »

L’homme politique ne s’arrête pas au sommet de l’État. Il remet en cause la validité même du Parlement ayant entériné ces changements. Pour Kamto, les députés, conseillers municipaux et régionaux dont les mandats ont été prorogés n’ont plus de base légale populaire. « Aucune des institutions publiques n’a la légitimité nécessaire pour parler au nom des Camerounais », avance-t-il, estimant que ces élus ne représentent désormais que la personne qui a prolongé leur bail au pouvoir, et non le peuple dont le mandat a expiré.

La politique de « l’embuscade »

Le calendrier électoral, véritable serpent de mer de la politique camerounaise, est également dans le viseur du MRC. Maurice Kamto dénonce une gestion opaque qui asphyxie l’opposition : Impossibilité de planification : Difficulté à mobiliser des ressources financières sans dates précises. Logistique complexe : Difficulté à constituer des listes de candidats dans l’incertitude.

Stratégie du flou : Un système qualifié de « politique par embuscade » où seul le pouvoir en place détient les cartes.

Une mobilisation citoyenne en marche 

Cette charge s’accompagne d’un bilan de la résistance civile. La pétition intitulée « Non au coup d’État constitutionnel et institutionnel au Cameroun », lancée par le MRC pour contrer ce qu’il qualifie de dérive du régime RDPC, aurait déjà recueilli 94 000 signatures. Alors que le pays s’achemine vers une année 2025 charnière, cette sortie de Maurice Kamto replace le respect des textes fondamentaux au centre du débat national, tout en interrogeant la capacité de l’opposition à peser face à un appareil étatique qui semble verrouiller chaque étape du processus démocratique.

Par PIF | Glob’Media : L’info en continu sur la scène politique camerounaise.

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