Affaire Martinez Zogo : L’expert Jean Jacques Etoundi réclame une contre-expertise numérique face aux zones d’ombre du rapport.

0
3

Dans une lettre ouverte percutante adressée au président de la République, Jean Jacques Etoundi, expert en informatique et intelligence artificielle, pointe du doigt les lacunes techniques du rapport d’expertise numérique présenté devant le Tribunal Militaire. Entre téléphones introuvables, comptes WhatsApp désactivés et mystérieux formatages d’usine, il appelle à l’action pour que la vérité éclate.

L’affaire Martinez Zogo est-elle en train de se heurter à un mur technologique, ou assiste-t-on à une manœuvre d’esquive numérique ? C’est la question cruciale qui plane après la présentation du rapport d’expertise numérique devant le Tribunal Militaire de Yaoundé. Pour Jean Jacques Etoundi, expert en informatique et intelligence artificielle, le compte n’y est pas. Dans une lettre ouverte adressée directement au chef de l’État, il tire la sonnette d’alarme et réclame une expertise numérique complémentaire et indépendante.

Un rapport truffé de « vides » techniques

Selon l’expert, le rapport actuel met en lumière des anomalies flagrantes qui s’apparentent à une tentative d’effacement des traces : suppressions massives de données, désactivation de comptes WhatsApp, conversations volatilisées, et surtout, des téléphones capitaux qui n’ont jamais été saisis ni analysés. Pourtant, une lueur d’espoir subsiste dans le virtuel. Des éléments déterminants ont pu être récupérés dans des environnements cloud (les serveurs de stockage en ligne), alors qu’ils avaient disparu des téléphones saisis. Une preuve que la vérité existe encore quelque part dans le cyberespace. « La recherche de la vérité ne doit laisser subsister aucune zone d’ombre. Pourquoi faire un formatage d’usine si l’on n’a rien à se reprocher ? Qui l’a fait, et à quelle période ? » S’interroge Jean Jacques Etoundi.

Le piège du « formatage usine » : Le rappel à la réalité technique

En tant que spécialiste de la tech, Etoundi Jean Jacques tient toutefois à dissiper un mythe récurrent pour éviter les fausses pistes : non, un téléphone formaté n’est pas toujours récupérable. La réalité sur les smartphones récents (comme les iPhone) : Un effacement complet et correctement exécuté chiffre les données et détruit la clé d’accès, rendant la mémoire locale pratiquement irrécupérable, même pour les laboratoires de pointe. La solution : Elle ne réside plus dans l’appareil physique, mais dans son écosystème numérique global (comptes iCloud, Google, sauvegardes externalisées, appareils synchronisés et données des opérateurs de réseau). C’est sur ce terrain que la justice camerounaise doit désormais mener l’offensive.

Les 5 exigences pour une manifestation complète de la vérité

Pour pallier ces insuffisances, l’expert formule cinq demandes précises aux autorités de la République : La réalisation d’une contre-expertise numérique indépendante pour garantir l’impartialité des résultats. La vérification approfondie des sauvegardes cloud de tous les protagonistes de l’affaire. L’exploitation exhaustive des comptes Apple, Google et autres services numériques liés aux terminaux. L’identification et la saisie immédiate de tous les téléphones utilisés par les suspects pendant la période des faits. La sollicitation de la coopération judiciaire internationale pour obtenir les données légalement accessibles auprès des géants du web (Gafam).

À qui profite le silence ?

Au-delà de l’aspect purement technique, l’expert soulève une question dérangeante sur l’attitude de certaines parties durant les audiences. Il suspecte une manœuvre stratégique : « Je suspecte une manigance qui arrange les avocats de [certains accusés], qui semblent curieusement satisfaits de ce rapport et n’ont pas trouvé nécessaire de poser des questions », glisse-t-il avec prudence mais fermeté. Dans une affaire d’une telle gravité, qui a secoué le Cameroun et la communauté internationale, seule une enquête numérique poussée jusqu’à ses derniers retranchements permettra de restaurer et de renforcer la confiance du peuple camerounais en sa justice. La balle est désormais dans le camp des autorités.

Par la rédaction de Glob’Media

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here