Le dossier de la faillite d’Amicale Finance (AFI) connaît un nouveau rebondissement majeur. Clément W. Mbouendeu, agissant en qualité de lanceur d’alerte et « Gardien de la Mémoire », a saisi les plus hautes instances judiciaires et militaires du pays pour faire la lumière sur un trou financier estimé à 1 080 000 000 FCFA. Entre dénonciations de malversations financières et menaces physiques directes, l’affaire prend désormais une envergure nationale, avec la saisine officielle prochaine des autorités centrales à Yaoundé.
Un gouffre financier à justifier
Au centre de cette affaire se trouvent des mouvements de fonds particulièrement complexes entre certaines structures associatives Banka et la défunte microfinance Amicale Finance (AFI). Les investigations approfondies demandées par le conseil de M. Mbouendeu visent à clarifier la destination finale de plus d’un milliard de FCFA, des fonds initialement constitués par l’épargne de milliers de petits déposants et les actionnaires. La plainte formelle déposée auprès des autorités évoque des chefs d’accusation d’une extrême gravité, notamment de banqueroute frauduleuse et de faux en écritures privées.
Le combat d’un « Gardien de la Mémoire »
Clément W. Mbouendeu ne se présente pas devant les tribunaux comme une victime à titre personnel, mais revendique le rôle de défenseur des « sans-voix ». Invoquant l’héritage historique d’intégrité et de courage de Jean Mbouende, figure emblématique du nationalisme camerounais dont il est aujourd’hui le gardien officiel de la mémoire, il exige une reddition complète des comptes. « Je n’agis pas pour mon propre intérêt, mais pour que justice soit enfin rendue aux épargnants spoliés et que la transparence triomphe », a-t-il réaffirmé lors de ses récents échanges avec les magistrats.
Pressions et agression physique sur fond d’intimidation
Cette quête de vérité et de justice semble cependant se heurter à de vives et dangereuses résistances. Le 14 juin dernier, une violente tentative d’agression physique a été perpétrée contre M. Mbouendeu en plein cœur de Douala. L’auteur présumé de cet acte répressif est un Colonel de l’armée camerounaise en service actif, basé à Yaoundé. Cet incident critique, ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) médicalement constatée de 30 jours, est perçu par le plaignant comme une tentative manifeste d’intimidation visant à lui imposer le silence sur le volet financier de l’affaire.
Vers un dépaysement stratégique de l’affaire à Yaoundé
Face à ce qu’il qualifie publiquement d’« enlisement préoccupant et anormal » de l’enquête préliminaire au niveau local à Douala, le plaignant a pris la décision de porter le dossier devant les instances supérieures de la capitale administrative. Une saisine formelle et documentée sera officiellement adressée à la Sécurité Militaire (SEMIL), au Secrétariat d’État à la Défense (SED) et à la CONAC, avec une ampliation directe à la Présidence de la République. L’objectif affiché par ce dépaysement est double : Garantir de manière absolue la sécurité physique du dénonciateur face aux menaces en uniforme ; Assurer l’impartialité totale des enquêtes sur les documents comptables frauduleusement dissimulés. L’opinion publique nationale et internationale reste désormais particulièrement attentive à la suite de ce dossier, qui fait figure de test majeur pour la transparence financière, l’indépendance de la justice et la protection effective des lanceurs d’alerte au Cameroun.
Clément W. Mbouendeu















