12ᵉ session ordinaire de la Comifac : Les enjeux de Yaoundé

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Du 3 au 5 novembre, la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) doit adopter son Plan de Convergence 2026-2035 et préparer la voix commune de la région pour la COP31, alors que son personnel réclame vingt-deux mois d’arriérés de salaires. La session verra aussi le Cameroun reprendre la présidence et inaugurer le nouveau siège du Secrétariat Exécutif.

C’est à Yaoundé que la Comifac est née, avec la Déclaration de 1999. 27 ans plus tard, la ville est de nouveau au centre du jeu. Elle a validé techniquement le Plan de Convergence en septembre, a vu réaffirmé en septembre le principe d’un fonds régional souverain, et elle reçoit du 3 au 5 novembre les ministres des 11 États membres : Angola, Burundi, Cameroun, Tchad, Centrafrique, RDC, Guinée équatoriale, Gabon, Congo, Rwanda et Sao Tomé-et-Principe. Lieu de fondation, de validation et de décision, Yaoundé est désormais attendue sur la mise en œuvre. Ce mardi, le ministre camerounais des Forêts et de la Faune, Jules Doret Ndongo, a ouvert le segment des experts en rappelant que le climat, la biodiversité et la gestion durable des ressources pèsent de plus en plus dans l’agenda international. Le Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical du monde, absorbe environ 1,1 milliard de tonnes de CO2 par an et reste l’une des rares régions à capter plus de carbone qu’elle n’en émet. Le ministre a fixé la barre : « transformer nos engagements en résultats concrets en faveur de nos populations ».

Cette exigence vaut d’abord pour le texte stratégique que Yaoundé doit adopter. Le Plan de Convergence révisé, troisième du nom après les cycles 2005-2015 et 2015-2025, a été validé les 17 et 18 septembre dans la capitale. Il ambitionne de faire de la conservation une stratégie d’investissement, avec 4 axes, 36 cibles et 17 programmes structurants, et intègre la bioéconomie, l’emploi et la résilience climatique.

Elle vaut ensuite pour son financement. La Déclaration de Yaoundé du 24 septembre 2026 a réaffirmé le principe du Congo Basin Forest Finance Facility (CBFF), un mécanisme financier régional souverain censé financer directement le Plan et réduire la dépendance à l’aide extérieure. L’Union européenne, partenaire historique, a renouvelé son soutien par la voix de son Chef de Coopération à Yaoundé.

Sauver l’institution : l’épreuve de vérité

C’est sur le terrain financier que Yaoundé est la plus attendue. La situation « n’est pas reluisante », a reconnu le ministre, et elle « plombe » le fonctionnement de la Commission. Une session extraordinaire en ligne, le 30 juin, avait formulé des recommandations de redressement. À l’ouverture, le Secrétariat Exécutif a lu la doléance du personnel : règlement total de 22 mois d’arriérés, paiement régulier des salaires, attention soutenue des instances. L’organisation repose sur des contributions égalitaires des États, trop souvent irrégulières.

Le Cameroun reprend le flambeau

La session consacre aussi le retour du Cameroun à la présidence en exercice, que le Burundi assurait depuis la 11ᵉ session de Bujumbura, en mars 2023. Jules Doret Ndongo, qui avait déjà présidé la Comifac de 2019 à 2023, a salué « les énormes sacrifices » consentis par Bujumbura. Il sera donc à la fois ministre hôte et futur président en exercice : le Cameroun, qui accueille, inaugure et préside, assume seul la responsabilité du succès ou de l’échec de cette session.

Une seule voix jusqu’à Antalya

L’enjeu régional est le dernier, et non le moindre. La COP31 se tiendra à Antalya, en Turquie, et la région veut s’y présenter unie. « Notre région doit continuer à faire entendre une seule et même voix, forte et unie », a martelé le ministre. Le plaidoyer vise la reconnaissance du rôle des forêts du Bassin du Congo, un accès élargi aux financements internationaux et la préservation du droit souverain des États à valoriser durablement leurs ressources, au service du développement, des communautés locales et des peuples autochtones.

Réussir cette unité à 11, avec des moyens fragiles, reviendra à Yaoundé. Pour le ministre, l’avenir des forêts dépend de la capacité à « agir ensemble ». À l’issue de ces trois jours, la capitale camerounaise saura si elle a su l’incarner. Le nouveau siège du Secrétariat Exécutif sera inauguré ce jour à Yaoundé.

Stéphane Antoine Ayissi (Glob’Media, Yaoundé)

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