Ossende Afana était assassiné
Le nationaliste qui était aux premiers rangs des combattants pour l’indépendance et la réunification du Cameroun dès 1957, avait été décapité, et sa tête, fraichement coupée, ramenée à Ahidjo.
Des noces de diamant sous la ténébrescence congénitale !
Castor OSSENDE AFANA, est né en 1930 à Ngoksa, près de SA’A, dans le département de la Lékié, au Cameroun. Il fait ses études primaires, à la mission catholique de SA’A, jusqu’à l’obtention du certificat d’études primaires et élémentaires (CEPE).
En 1942, Castor OSSENDE AFANA, entre au petit séminaire d’EFOK. L’année suivante, il intègre le petit séminaire d’OTELE, jusqu’à la fin du cycle secondaire, mais n’a pas le droit de passer le baccalauréat. Le grand séminaire de MVOLYE, ne l’échappera pas, où il y poursuit les études supérieures ; mais en est rapidement exclu, pour esprit frondeur.
Esprit brillant.
Il prépare seul, et passe avec succès, en candidat libre, la première partie du baccalauréat.
En 1951, notre indépendantiste s’inscrit en classe de philosophie, au Lycée général Leclerc de Yaoundé. 1952, il prend la tête d’une manifestation des élèves, contre le mauvais état de la nourriture servie, aux pensionnaires. En juin de la même année, Castor OSSENDE AFANA, obtient un succès retentissant, à la deuxième partie du baccalauréat ; nanti d’une bourse il se rend en France, notamment à Toulouse, pour poursuivre des études universitaires, à la faculté de droit, et des sciences économiques.
Vie syndicalo-associative.
Castor Ossende Afana, de par son révolutionnisme « génétique », adhère immédiatement, à l’association des étudiants Camerounais(AEC), qui deviendra par la suite, l’union Nationale des Étudiants du Cameroun (UNEC), puis l’UNEK, avec K pour Kameroun. En 1954, de retour au Cameroun, notre héros national, épouse Elisabeth Mballa, avec qui, il aura 4 enfants : Joseph OSSENDE, Martin OSSENDE, et Alice OSSENDE, qui sont jumeaux, et Félix MOUMIE OSSENDE. 1955, OSSENDE AFANA, NDONGO DIYE, et NDOH YOL, mettent en place, le comité de base de l’UPC à Toulouse. Après les massacres de Mars 1955 au Cameroun de ce parti, le comité de base de Toulouse, et la section de l’AEC de Toulouse, multiplient, protestations et pétitions, en mobilisant l’opinion Française, et internationale.
La férule incarnée.
En 1956, Castor Ossende Afana, devient vice-président, de la fédération, des étudiants africains noirs francophones ; et directeur de publication de la revue « L’ÉTUDIANT D’AFRIQUE NOIRE », organe d’expression de la FEANF, dont le siège a été transféré à Toulouse, sur l’initiative d’Albert Tevodjéré, précédent directeur de publication ; lequel a cédé aux pressions et intimidations, de la police. Surnommé affectueusement « le pape des étudiants », février 1957, Castor OSSENDE AFANA, devient délégué aux nations unies, au nom des étudiants upecistes, pour réclamer la réunification, et l’indépendance du Cameroun. L’État français supprime sa bourse, à titre de représailles. Rappelons tout de même, qu’il est le 1er Docteur en sciences économiques, de l’Afrique noire, sous domination française.
En 1958, OSSENDE AFANA, quitte clandestinement la France, pour rejoindre la direction de l’UPC au Caire en Égypte. C’est ainsi, qu’il représente l’UPC, au secrétariat permanent afro-asiatique au Caire en Égypte. Il anime une émission radiophonique « la voix du Cameroun », malheureusement, non audible au Cameroun. Après l’assassinat de Félix MOUMIE en Novembre 1960; OSSENDE AFANA accuse Abel KINGUE, et Ernest OUANDIE, d’incapacité, et se pose en successeur du secrétaire général, ou du président de l’UPC. Le 13 Septembre 1962, il est élu, membre du comité révolutionnaire, par la première assemblée populaire sous maquis. Mais s’interroge sur les circonstances, de la constitution, de cette nouvelle direction. Il s’en désolidarise, et en compagnie de NDEH NTUMAZAH et d’Abel KINGUE, mène contre-campagne contre elle.
Divergences
Le 25 Avril 1963, l’indépendantiste est démis, de ses fonctions, de membre du comité révolutionnaire, par la seconde assemblée populaire, sous maquis, en compagnie d’Abel KINGUE, en raison de divergences politiques graves. Toujours en 1963, OSSENDE AFANA, s’installe au Congo Brazzaville, où il encadre les jeunes, et entreprend discrètement, le travail de conscientisation des masses, dans les régions du Sud-est du Cameroun, avec le soutien de la Chine, d’Ernesto CHE GUEVARA.
Décès
En 1965, on assiste à une ouverture du front Est, dans la région de Mouloundou à l’époque, en compagnie de Henri HOGBE NLEND, et de FOSSO François. 15 MARS 1966, Castor OSSENDE AFANA est trahi, capturé, par l’ennemi, exécuté et mutilé ;
Sa tête sanglante, est apportée au président d’alors Ahmadou Babatoura Ahidjo, par hélicoptère ; Au moment où, sa thèse de doctorat en sciences économiques est publiée à Paris.
Patrice Elongbil Ngoma, journaliste










