Étape historique ce jeudi 16 avril : le Pape Léon XIV s’est rendu au cœur de la crise anglophone, à Bamenda. Entre gestes symboliques forts et discours d’une grande fermeté morale, le Souverain Pontife a appelé à une reconstruction immédiate de l’unité nationale.
Le ciel de Bamenda a vu s’élever un symbole d’espoir ce matin. Sur le parvis de la cathédrale Saint-Joseph, le Pape Léon XIV a lâché une colombe blanche devant une foule recueillie. Ce geste, simple mais puissant, vient couronner une matinée chargée en émotions où le Saint-Père a écouté les témoignages poignants des victimes d’un conflit qui dure depuis maintenant neuf ans. « Qu’en lâchant ces colombes blanches, la paix de Dieu descende sur nous tous, sur cette terre, et nous garde tous unis », a-t-il déclaré avec solennité.
Sortir de la « logique de la violence »
Arrivé la veille à Yaoundé, où il s’est entretenu avec le Président Paul Biya, le Pape n’a pas usé de périphrases pour décrire la réalité des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Évoquant les vies brisées, les familles déplacées et les « enfants privés d’école », il a martelé que la paix ne pouvait plus se contenter d’être un simple slogan politique.
Les points clés de son message :
Rejet de la violence : Un appel direct aux parties en conflit pour abandonner les armes.
Justice et Amour: Les deux piliers indispensables pour une réconciliation durable. Responsabilité institutionnelle : La paix doit devenir un « style » de gouvernance et de vie personnelle.
« Maintenant et non demain »
La visite s’est poursuivie par une messe monumentale célébrée sur le tarmac de l’aéroport de Bamenda. Devant des milliers de fidèles, Léon XIV a pressé le pas de l’histoire camerounaise. Pour le successeur de Pierre, l’heure n’est plus aux promesses lointaines, mais à l’action concrète. « Le moment est venu de reconstruire, de composer à nouveau la mosaïque de l’unité en réunissant les diversités et les richesses du pays », a-t-il lancé lors de son homélie, exhortant les Camerounais à transformer leur présent « aujourd’hui et non demain ».
L’œil de Glob’Media : En se rendant personnellement dans la zone de conflit, Léon XIV place la diplomatie vaticane au centre de la résolution de la crise anglophone. Reste à savoir si cet appel à « l’unité dans la diversité » sera entendu par les acteurs sur le terrain, alors que le pays panse encore les plaies de près d’une décennie d’affrontements.
Franck Kamegne, journaliste (Glob’Media)










