Ngambé Tikar : La sécurisation des sites sacrés chez les Pygmées au centre d’une rencontre

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La salle des actes MGBATOU Joseph de la commune de Ngambé-Tikar a abrité une rencontre relative aux problèmes fonciers le 15 avril dernier.

Des autorités administratives, des chefs traditionnels, des populations locales, des représentants de la communauté autochtone Pygmée beaucoup plus désignée ici Bedzan, des experts en gouvernance foncière et environnementale ainsi que plusieurs leaders communautaires ont répondu à l’appel de l’Action Communautaire pour l’Accompagnement des Peuples Autochtones et Développement local (Acpadel) qui grâce aux partenaires comme la GIZ a organisé une rencontre particulièrement importante. Il a été question d’échanger autour des enjeux liés à l’efficacité des mécanismes communautaires de sécurisation des terres et sites sacrés des populations autochtones Bedzang et communautés locales dans la plaine du Mbam. Cette importante rencontre visait selon le responsable de GIZ à amener les uns et les autres à une certaine compréhension. D’entrée de jeu, le président de l’Acpadel Jean Daniel Mansing a souhaité que les recommandations qui vont être prises puissent servir à résoudre un certain nombre de problèmes relatif à la préoccupation du jour.

Il a également souhaité que les uns et les autres puissent participer en révélant concrètement ce qui se passe de leurs communautés. Pendant les exposés, le représentant de la GIZ, Bakker Nongni a profité pour présenter certaines avancées et résultats du projet baptisé promotion d’une politique foncière responsable (ProPFR).

L’atelier visait 05 objectifs à savoir :

-Identifier les mécanismes communautaires actuellement utilisés pour la sécurisation des terres et sites sacrés à Ngambé-Tikar ;

-Analyser les forces, faiblesses et limites de ces mécanismes ;

-Examiner le cadre juridique et institutionnel applicable aux droits fonciers des peuples autochtones et évaluer leur niveau d’appropriation par les parties prenantes ;

-Documenter les bonnes pratiques et expériences réussies dans la sécurisation foncière des Bedzang et communautés locales ;

Formuler des recommandations stratégiques et opérationnelles aux parties prenantes.

En dehors des différentes allocutions, l’on a eu droit aux travaux de groupe. Selon Carine Dinaye, Coordinatrice des activités de l’Acpadel, l’organisation de cet atelier était vraiment nécessaire. « Il y a eu beaucoup de problèmes qui ont surgit lors de nos différentes descentes sur le terrain parce que nous exerçons dans la localité. Il est ressorti que les peuples autochtones ont perdu complètement les espaces qu’ils avaient avant. Ça peut se justifier par le fait que des promoteurs agricole viennent occuper des espaces pour faire des champs et le peuple autochtone n’a plus la possibilité de produire sur des espaces qui lui appartiennent. Nous avons donc organisé cet atelier pour voir dans quelle mesure sécuriser ces différents sites et même leurs sites sacrés parce que ça a tendance à se perdre. Ils ne se retrouvent plus dans leurs milieux. Nous ne devons pas étouffer ces populations qui semblent marginalisées, nous devons les amener à exploiter ces espaces qui sont les leurs. Il ne faut pas que les arrivants occupent totalement les terres au détriment de ces autochtones » a-t-elle expliqué. Le maire de la commune de Ngambé Tikar, Mathieu Belinga Iyawa a lui aussi félicité le projet. « Pour ce qui est des populations locales et des populations Bedzang, je pense que la préservation des terres est d’abord un atout très important parce que la foresterie réserve d’autres opportunités.

La question foncière est une question qui doit être prise au sérieux par les gardiens de nos terres. Une forte sensibilisation doit être menée auprès des personnes ressources afin de préserver et d’éviter le bardage des terres. Avec la déforestation, nous avons des sites, des lieux sacrés, ce sont des endroits où nous avons toute la culture qui y est protégée. Mais aujourd’hui avec l’exploitation forestière abusive, nous trouvons que ces lieux sont effectivement menacés ». L’un des chefs traditionnels présents en l’occurrence SM Adolphe Ndore de Ngandjié a trouvé cette rencontre salutaire. « A mon niveau et par rapport à cette réunion, je me dis que nous sommes en train de prendre une voie qui va nous permettre de résoudre le problème des litiges fonciers pour lequel nous sommes débordés ». À l’issue des travaux, plusieurs résolutions ont été prises, entre autres : le renforcement de la sécurisation des espaces de vie des peuples autochtones et en particulier celle de la communauté Bedzan ; l’encouragement de l’abandon des pratiques agricoles destructrices de l’écosystème ; la promotion de la préservation durable des sites sacrés considérés comme des espaces de ressources culturelles, spirituelles et environnementales essentiels; L’encouragement  d’une collaboration renforcée entre autorités administratives, traditionnelles et communautés locales pour la protection du patrimoine territorial ; Le soutien aux initiatives communautaires de gestion durable des terres et des ressources naturelles etc… Plusieurs Pygmées étaient présents. C’est le cas de Bah Dieudonné venu de Bondé pour prendre part à cet atelier.

Abubakar Mgbékoum

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