Le paysage politique camerounais vient de connaître un nouveau tournant majeur. Par le décret présidentiel n°2026/166 signé le 04 mai 2026, le Chef de l’État, Paul Biya, a officiellement acté la prorogation du mandat des conseillers municipaux. Désormais, les élus locaux resteront en fonction jusqu’au 1er février 2027, confirmant un glissement du calendrier qui redéfinit les enjeux de la transition politique à venir. Un report stratégique sous le sceau de la loi Ce décret ne sort pas du néant. Il s’appuie sur l’article 170 du Code électoral, qui autorise le Président de la République à prolonger le mandat des conseillers municipaux pour une durée maximale de 18 mois, après consultation du gouvernement et du bureau de l’Assemblée nationale. Initialement élus le 9 février 2020, les maires et leurs conseillers voient leur bail prolongé pour la seconde fois. Cette décision emboîte le pas à la prorogation du mandat des députés entérinée en mars dernier, harmonisant ainsi les agendas des deux chambres locales et législatives. Les raisons d’un « embouteillage » électoral Pour Yaoundé, ce choix relève du pragmatisme. Avec l’élection présidentielle prévue en 2025, le gouvernement invoque la nécessité de « décongestionner » un calendrier qui aurait imposé la tenue de trois scrutins majeurs en un laps de temps réduit. Défi identifié Impact cité par les autorités Logistique Pression sur Elecam pour l’organisation simultanée de plusieurs scrutins. Financier Coûts colossaux pour le budget de l’État dans un contexte économique contraint. Institutionnel Besoin de garantir une « sérénité » avant le choc de la présidentielle. Entre « Sagesse » et « Manœuvre » : une classe politique divisée Comme on pouvait s’y attendre, l’accueil de cette mesure varie radicalement selon le bord politique : Au RDPC (Parti au pouvoir) : On se félicite d’une décision de « sagesse ». Ce répit permettrait aux magistrats municipaux de parachever les projets de développement local entamés dans le cadre de la décentralisation. Dans l’Opposition : La pilule passe mal. De nombreux leaders dénoncent une manœuvre politique. L’enjeu est de taille : le parrainage des candidats à la présidentielle est intrinsèquement lié au nombre d’élus (maires et députés). En gelant la configuration actuelle du territoire, le pouvoir en place est accusé de vouloir verrouiller l’accès au scrutin suprême.
Quel impact pour les citoyens ?
Au-delà des calculs d’appareils, cette prorogation pose la question de l’efficacité de la gouvernance locale. Les 360 communes du Cameroun disposent désormais de 18 mois supplémentaires. Pour les populations, l’attente est claire : ce temps additionnel ne doit pas être un simple statu quo, mais une opportunité pour accélérer les chantiers de proximité eau, électricité, routes qui restent le véritable baromètre de la satisfaction des électeurs. Le rendez-vous est donc pris pour février 2027. D’ici là, la scène politique restera braquée sur l’échéance de 2025, véritable clé de voûte du futur édifice institutionnel du pays.
Par la rédaction de Glob’Media










