Vie au maquis : Jean Mbouendé, combattant de la liberté, de la justice sociale et apôtre de la non-violence.

0
4

Après les tristes événements de mai 1955, la fouille  vaine du train sur le pont du Wouri, la calebasse du roi des Banka, l’exil des leaders nationalistes, Jean Mbouendé va choisir ses exploitations agricoles à Kambo-Kékem comme dernier retranchement.

En quittant sa concession le 27 mai 1955, il pensait que l’éclipse allait être de courte durée. Et pourtant elle va durer cinq bonnes années durant lesquelles il sera géniteur de beaucoup d’autres enfants. À Kékem, il disposait d’une plantation de plus de 80 hectares. Il avait des ouvriers et certaines personnes de bonne foi à qui il avait donné des parcelles de cette plantation : Nitcheu Bernard, Djitik Emile, Kwedeu Pierre, Djélé Dieudonné, Tientcheu Pierre, Sintcheu Joseph, Kamga Michel, Tchuitcheu François, Djientcheu Victor, pour ne citer que ceux-là, et qui représentaient aussi ses agents de liaison. Ils assuraient sa sécurité, l’informaient et étaient aux aguets pour savoir ce qui se passait et le tenir informé. Dans cette retraite, il disposait aussi de trois logements dont deux pour ses ouvriers et un pour ses épouses. Une fois rendu dans ce maquis, il ne dormait pas dans ces logements, il avait plutôt réussi à se creuser un lit à l’intérieur d’un tronc d’arbre mort, du genre baobab au-dessus duquel il avait planté du roseau.

C’est donc sous ce baobab qu’il passait ses nuits.

Dans cette retraite, il s’en remettait à Dieu pour sa protection et il avait pris la décision ferme de ne ressortir de ce maquis qu’une fois l’indépendance acquise. Des factions de l’upc comme le cno en 1956, le sndk en 1957 et l’alnk en 1959 vont voir le jour entre temps, mais il n’a été membre d’aucune delles. Le pouvoir colonial va répondre à  la création de ces factions par la création du parti des paysans indépendants en 1957, conduits par les anciennes figures de l’upc retournés comme Djoumessi Mathias et des pro-upecistes comme Njiné Michel  et Daniel Kemadjou. Ayant la figure de l’upc, sur le terrain ils vont présenter cette organisation comme étant l’upc (union des paysans du Cameroun). Les masses sont tombées dans le piège de cette confusion et le terrorisme part de là  avec des exactions que leurs membres commettent pour mettre sur le dos de l’upc en vue de la salir. Ils vont même réussir à  retourner certains leaders des factions armées de la vraie upc. Le maquis de Jean Mbouendé n’était donc qu’un refuge stratégique pour organiser les pétitions pour les nations unies et organiser les souscriptions pour les faire suivre. Ni lui ni ses agents de sécurité n’étaient armés. Et pourtant il se déplaçait pour assister à pied aux réunions du comité directeur de l’UPC à Kumba où il officiait toujours en qualité d’assesseur et apportait les subsides. Quel était son itinéraire et à combien de reprises s’est-il rendu là-bas?

À suivre….

Clément W. MBOUENDEU

Gardien de la Mémoire

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here