Maintenance et compétences locales : le chaînon manquant de l’émergence camerounaise

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Des pannes mineures qui condamnent des équipements lourds, des factures de réparation exorbitantes sans garantie de résultat et des entreprises de transformation acculées à la faillite : le diagnostic de Jean Claude Dongmo Tanda est sans concession. Pour le président des transformateurs du bois du Cameroun, l’urgence nationale réside dans la refonte des formations techniques et le soutien massif à l’apprentissage. Il propose une feuille de route audacieuse pour transformer la crise de la maintenance en un levier de souveraineté économique.

Je venais de casser mon téléphone il y a quelques jours. Le dépannage m’a coûté 80 0000 Fcfa et sans garantie.  Le fonctionnement n’est plus optimal. La même panne m’aurait coûté 10000 Fcfa en Chine comme je l’ai souvent réalisé. Il y a de cela quelques années, j’ai failli perdre mon ordinateur portable. Aucune entreprise de la place n’a pu dépanner cette machine. Mes données étaient en danger. Lors de mon déplacement en Chine, par hasard, je l’ai mis dans mes valises.  Le premier technicien m’a ressuscité cet appareil.   J’ai perdu tout un parc automobile à cause des garagistes et des faux mécaniciens.  La plupart des entreprises de production et de transformation qui font faillite c’est à cause du manque d’entretien des équipements, et souvent abandonnés pour des problèmes mineurs. Beaucoup de personnes abandonnent leurs voitures et équipements pour les mêmes faits : absence de suivi et d’entretien.

Dans un pays, quand le quota d’un médecin pour  nombre habitant n’est pas appliqué, c’est  le taux de mortalité qui grimpe. Pourquoi devrions-nous devrions avoir plus d’entreprises que de techniciens pour  les entretenir et les dépanner ?  Tous ces problèmes me ramènent sur la qualité et la quantité de nos techniciens, de nos ingénieurs  et  renvoie à la qualité de leurs formations. Cela m’emmène aussi à poser les différentes pistes de  réflexion et de solutions à court terme. Les écoles professionnelles devraient être directement liées  aux entreprises qui ont le même profil.  Dispensés 50 % de cours théoriques et 50% de  pratique.  Les maîtres artisans devraient avoir un statut pour mieux encadrer les jeunes.  Les  bourses pour  des cours voyages à l’étranger devraient être mises sur pied, pas seulement pour les étudiants, mais aussi pour les ingénieurs, les maîtres artisans, les chefs d’entreprises. Ceci dans le but de comprendre le fonctionnement des autres, et mieux gérer la concurrence. S’inspirer, se recycler et se mettre à jour des dernières technologies s’impose.     Il faut subventionner (donner un salaire) l’apprentissage des jeunes dans les centres de formation et des ateliers agréés. Faire une exonération totale ou partielle en levant des frais et taxes de douanes pour toutes les machines et les matériaux pour la fabrication locale des machines,  pour une durée de 5 ans. A moyen terme, faciliter voire subventionner l’installation des sociétés étrangères de fabrication mécaniques dans notre pays pour un transfert rapide des technologies et des compétences. A long terme,  faire une refonte profonde de notre système éducatif pour permettre aux enfants à partir de la SIL l’apprentissage de la technique pour provoquer leurs instincts de créativité et  favoriser leur orientation à partir du collège. Si toutes ces propositions sont  appliquées,  dans 10 ans le Cameroun va produire 50 % des machines que nous utilisons.  Tous les problèmes cités sur nos équipements seront résolus. Le Cameroun ne sera plus trop dépendant des exportations. Ce que l’Etat a perdu en  exonérant les frais de douanes sera recouvré par la production et la transformation de masse. Le Cameroun aura une certaine autonomie sur la production des machines et des équipements.  Il pourra pleinement bénéficier des retombées de la transformation de nos matières premières. Le Cameroun pourra aussi exporter les machines et plusieurs produits manufacturés. Voilà quelques suggestions  sur lesquelles notre future organisation qui est en train de se mettre sur pied se penchera pour le bien-être de tous.

Jean Claude Dongmo Tanda, président des transformateurs du bois du Cameroun

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