SCANDALES A REPETITION : LES DOSSIERS NOIRS DU RENOUVEAU

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L’affaire des faux décrets et le meurtre odieux de Nkolndongo vient s’ajouter à une litanie de faits tragiques, marques par des cas récurrents de féminicides et d’infanticides qui banalisent l’horreur au cameroun: martinez Zogo en 2023. Mgr bala en 2017, les sœurs de Djoum, le père Mveng, le scandale des neuf disparus de Bepanda, l’opération épervier qui s’éternise depuis 2006, le Covidgate, la Cangate, l’affaire Glencore, les massacres de Ngarbuh…la liste de ces affaires va à l’infini.

L’observation des actualités nationales et internationales au Cameroun met en lumière un prisme médiatique quasi exclusivement saturé par les pathologies de l’État et les drames de la société camerounaise. L’affaire des faux décrets et le meurtre odieux de Nkolndongo vient s’ajouter à une litanie de faits divers tragiques, marqués par des cas récurrents de féminicides et d’infanticides qui banalisent l’horreur. Sur le plan politique et de la gouvernance, les projecteurs du monde restent braqués sur l’onde de choc de l’assassinat barbare du journaliste d’investigation Martinez Zogo en 2023, dont le procès devant le tribunal militaire en ce début d’année 2026 expose des luttes de clans féroces au cœur du pouvoir.

L’arène publique offre régulièrement le spectacle de hauts cadres de la République qui se clashent en public, étalant des rivalités intestines à coups de fuites de documents confidentiels. Cette actualité anxiogène réveille d’autres mystères d’État jamais élucidés, à l’instar de la mort de Monseigneur Jean-Marie Benoît Bala en 2017 ou des exécutions extrajudiciaires du Commandement opérationnel à Douala en 2000 avec le scandale des Neuf de Bepanda. Le domaine de la gestion publique n’échappe pas à cette imagerie de la criminalité économique, l’Opération Épervier s’éternise depuis 2006 comme une longue purge politique, maintenant sous les verrous d’anciens ministres comme Marafa Hamidou Yaya ou Polycarpe Abah Abah. À cela s’ajoutent les rapports accablants de la Chambre des Comptes sur le Covidgate, ainsi que le scandale international Glencore, où la SNH et la SONARA se retrouvent au cœur de soupçons de corruption à hauteur de plus de 7 milliards de francs CFA.

Les crises sécuritaires achèvent de figer le pays dans la négativité, qu’il s’agisse du conflit sanglant dans la zone anglophone depuis 2016, endeuillé par le massacre de Ngarbuh en 2020 ou de la terreur de Boko Haram dans l’Extrême-Nord depuis le milieu des années 2010, entachée par des vidéos d’exactions militaires comme à Zelevet. Même le quotidien social est jalonné de traumatismes infrastructurels, du déraillement ferroviaire d’Éséka en 2016 faisant officiellement 79 morts aux crashs historiques de la Camair en 1995 et de Kenya Airways à Mbanga Pongo en 2007, sans oublier l’hécatombe routière permanente sur l’axe Yaoundé-Douala ou la falaise de Dschang. Cette usure globale nourrit une profonde crise institutionnelle où la longévité du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, se traduit à l’écran par une paralysie politique et une gouvernance par procuration via de hautes instructions sur fond de rumeurs de malaises. Enfin, la psychose des crimes rituels et des pratiques occultes ou ésotériques d’enrichissement, à l’instar de l’affaire des filles de Mimboman en 2012 et 2013, resurgit de façon cyclique, achevant de sédimenter cette perception de naufrage collectif. Un président qui l’un des plus vieux au monde, qu’on ne filme pas n’importe comment. Or dans les pays qui cheminent sérieusement vers l’émergence, l’actualité dominante est portée par des dynamiques de rayonnement et de conquête. Dans ces nations qui avancent, les unes médiatiques mettent en scène le dynamisme d’un État en plein essor. L’actualité politique et diplomatique y examine l’impact de la diplomatie d’affaires et des alliances technologiques négociées d’égal à égal lors des grands sommets mondiaux de Paris ou de Pékin. L’action publique y est évaluée à l’aune de la souveraineté économique et du retour sur investissement des méga-projets, les grands titres célébrant la livraison de ports en eau profonde automatisés, de corridors logistiques interconnexes et de parcs solaires ou de barrages hydroélectriques géants assurant l’autonomie énergétique.

Les rapports des agences de notation financière comme Moody’s, y font la couverture comme des victoires sportives qui valident l’attractivité du territoire auprès des investisseurs directs étrangers. Le patronat et le secteur privé y partagent la vedette avec l’État, la presse documentant l’expansion internationale des champions industriels nationaux, les levées de fonds record de plus de 50 millions de dollars des start-ups de la Tech et la dynamique de substitution aux importations par la production locale. À la jonction de l’État et du privé, les débats se focalisent sur l’efficience des partenariats public-privé ou la flexibilité fiscale, générant des sauts macroéconomiques quantiques comme le rebasage du produit intérieur brut ou l’inversion historique de la balance commerciale. Le soft power culturel et sportif subit la même mutation positive, le sport-business et le sponsoring privé remplaçant le folklore, tandis que les accords de diffusion avec des géants du streaming permettent de capter la valeur de l’économie créative afin de propulser les artistes nationaux dans les plus grandes salles mondiales. Enfin, la gouvernance globale de la nation s’y décline sous l’angle de la e-gouvernance, de la rationalisation administrative et de la prévisibilité juridique, assurant la sécurité des citoyens et la moralisation de la vie publique économique. Sous Paul Biya, le Cameroun souffre gravement d’un déficit chronique de narratif positif. Lorsqu’on parle du Cameroun, ce sont toujours des choses qui font pleurer.

Dr Aristide Mono

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