Comptes faux en grand nombre, actions visant à nuire, photos privées partagées sans accord… Au Cameroun, les plateformes virtuelles ne servent plus juste au partage : elles sont pour certains, un endroit où subir la violence en ligne.
C’est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur au Cameroun. D’après les chiffres de l’Agence Nationale des Technologies de l’information et de la Communication (ANTIC), plus de 4 781 faux profils ont été identifiés sur les plateformes sociales au Cameroun, parmi lesquels 3 466 ont été retirés.
Grâce au taux de pénétration d’internet en hausse constante et des millions de camerounais maintenant actifs sur facebook, whatsapp, x ou tiktok, l’espace numerique est devenu pour un nombre grandissant de citoyens un terrain d’exposition aux insultes et à la manipulation de l’information.

Au-delà des cas très médiatisé, c’est dans le quotidien des internautes camerounais que le harcèlement frappe le plus durement. Il prend la forme d’insulter répétées, de rumeurs, de campagnes de dénigrement, de montages humiliants, de menaces, dusurpation didentité ou d’attaques coordonnées contre une même personne où chaque partage et chaque commentaire amplifient la douleur de la victime. Des victimes racontent avoir vu leur image utilisée à leur insu, leur voix truquée pour tenter d’extorquer de l’argent là leurs proches, ou leur réputation durablement salie par des publications malveillantes. Un phénomène qui touche aussi bien les anonymes que les personnalités publiques, et qui laisse souvent des traces psychologiques durables.
Devant cet accroissement notable, certains discours montent également depuis la société civile. Larissa Belibi, vingt-huit ans, venue de la zone du Centre et postulant au titre de Miss Cameroun 2026, elle aussi témoins et cible de harcèlement numérique. Elle a montré aux médias, le vingt-trois juillet deux mille vingt-six à Yaoundé, sa proposition sociale nommée « L’ombre dun clic ». Ce projet citoyen cherche à éviter la cybercriminalité, à défendre les citoyens face aux violences en ligne et à encourager une culture de responsabilité numérique, via l’éducation, la prise de conscience et le soutien aux victimes : » L’ombre d’un clic est une initiative citoyenne qui lutte contre les conséquences humaines de la cybercriminalité et les violences numériques silencieuses à travers trois piliers essentiels, la sensibilisation, l’éducation numérique et l’accompagnement des victimes. L’ombre d’un clics ici est certes un projet, mon projet de vie, mais également il ne prendra pas vie s’il n’y a pas d’accompagnement. «
La loi n°2010/012 du 21 decembre 2010 relative a la cybersécurite et a la cybercriminalité repime specifiquement le cyberharcelement à travers ses articles 74 et 75, aussi bien que les publications en ligne visant à susciter la hate ou le mepris entre citoyens. L’ atteinte à la vie privee par voie numerique, prevue à l’article 74, est punie d un emprisonnement d’un à deux ans assorti d’une amende. La propagation de fausses nouvelles via les reseaux, quant à elle, est sanctionnée par l’article 78-1, avec des peines pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et une amende de plusieurs millions de francs CFA.Marie Fouda









