Depuis le 6 août, de nombreux débits de boissons ont baissé le rideau à l’appel du SYNAPOSOCAM. Au cœur de cette grève de trois jours : le prélèvement à la source des droits d’auteur, fixé à 12 F CFA par casier, que le syndicat juge imposé sans concertation.
Un silence inhabituel a régné dans de nombreux débits de boissons du pays dès le 6 août. À l’origine de cette paralysie, le Syndicat national des propriétaires et exploitants des sociétés commerciales du Cameroun (SYNAPOSOCAM), qui a appelé ses membres à fermer boutique pendant trois jours. Une démarche pensée comme une alternative pacifique aux manifestations de rue. « Cette forme de mobilisation, premièrement, empêche qu’il puisse y avoir un trouble à l’ordre public », souligne Joseph Marie Anguissa Anguissa, président du SYNAPOSOCAM. L’objectif affiché : contraindre les acteurs du secteur à renouer le dialogue autour du paiement des droits d’auteur et droits voisins au profit de la Société nationale camerounaise de l’art musical (Sonacam).
Un problème de méthode plutôt que de principe
Le syndicat assure ne pas contester le principe d’une juste rémunération des artistes. La colère provient du manque de concertation entourant le protocole d’accord signé le 6 octobre 2025 entre Boissons du Cameroun, la Sonacam et plusieurs associations de barmans. Le SYNAPOSOCAM affirme que la majorité des exploitants sur le terrain ont été ignorés et réclame un mécanisme équitable, transparent et soutenable pour les trésoreries.
Le prélèvement à la source en chiffres
Issue de la décision conjointe MINAC/MINCOMMERCE du 25 avril 2023, la réforme repose sur un prélèvement direct dans le circuit de distribution : 1 F CFA prélevé par bouteille vendue. 12 F CFA prélevés par casier de boisson. 5 organismes de gestion collective bénéficiaires des fonds. 4 % de la redevance alloués au fonds culturel du MINAC. La Sonacam défend un système « plus prévisible » Dans une déclaration publiée le 10 août 2026, la Sonacam soutient au contraire que ce dispositif protège les tenanciers. En automatisant la collecte, l’organisme affirme mettre fin aux méthodes du passé : descentes inopinées, saisies de matériel de sonorisation et fermetures forcées. Pour la Sonacam, la mesure simplifie le suivi financier et garantit un revenu stable aux créateurs. Alors que le SYNAPOSOCAM conditionne la reprise normale de l’activité à de nouvelles négociations, la Sonacam maintient que le protocole reste la meilleure voie vers un équilibre durable.
Franck Régis Kamegne (Glob’Media)










